Raffineria di Priolo: Cingolani apre alla nazionalizzazione dell’impianto Lukoil

à partir d’aujourd’hui embargo sur le pétrole russe, que se passe-t-il ?

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Intervention gouvernementale in extremis pour sauver la raffinerie ISAB

(Rinnovabili.it) – La plus grande raffinerie d’Italie continuera à produire malgré l’embargo sur le pétrole russe en vigueur à partir d’aujourd’hui. Et les opérations financières pour le maintenir à flot, jusqu’à ce qu’une solution définitive soit trouvée pour le retirer de Lukoil, ne risquent pas de se heurter aux sanctions américaines. Le centre pétrochimique de Syracuse où il se trouve pousse un soupir de soulagement Raffinerie ISAB Priolo, qui représente 16 millions de tonnes de production annuelle, environ 10 000 emplois en comptant les industries connexes dans toute la zone industrielle et 53% du PIB de la province de Syracuse. Et il a une importance stratégique pour l’Italie : fournit à lui seul 22 % de l’ensemble des besoins annuels en produits dérivés du raffinage (carburant, diesel, essence) utilisés en Italie. S’il s’arrête, c’est tout le secteur national qui entre en crise.

Le gouvernement sauve la raffinerie ISAB

L’intervention du nouveau gouvernement est arrivée presque in extremis, avec un décret publié le 1er décembre. La solution est intermédiaire : tutelle de l’État. L’usine n’a pas été nationalisée mais il n’a pas non plus été possible de trouver un acheteur non russe. C’est pourtant cette option qui est encore en cours d’élaboration, et pour laquelle le décret donne 2 ans pour la mise en œuvre (1 an, renouvelable pour 12 mois supplémentaires). Le Financial Times a récemment relancé l’hypothèse d’un intérêt des investisseurs privés du fonds américain Partenaires énergétiques Crossbridge.

Qu’est-ce qui va changer avec la tutelle ? Le site de Priolo est contrôlé par Rome. Formellement il reste la propriété de Lukoil, ou plutôt de la Suisse Litasco Sa, une société du groupe russe. Mais un commissaire est nommé qui prend le contrôle opérationnel de l’usine et les instances dirigeantes sont remplacées. Le commissaire peut faire appel à des sociétés contrôlées par l’État opérant dans le même secteur (lire : Eni). Hypothèse soulevée par le même ministre des Entreprises et du Made in Italy (Mimit) Adolfo Urso.

Pour préparer cette sortie de la raffinerie ISAB, le gouvernement Meloni a répondu l’opération menée en septembre par l’Allemagne pour sauver la raffinerie de Schwedt, propriété du russe Rosneft. Un moyen d’être prudent et de ne pas tomber dans des litiges juridiques ou, pire encore, des sanctions.

Quelle huile ?

Les opérations peuvent donc continuer : mais avec quel pétrole ? La raffinerie ISAB a en effet été conçue pour traiter essentiellement le Brut russe, qualité Ural. Il y a deux façons de s’en passer. Le moyen le plus court est de s’approvisionner en un mélange de pétrole brut qui garantit des caractéristiques similaires à l’Oural. Cela implique d’avoir accès aux marchés internationaux et de pouvoir effectuer des transactions financières sans craindre de déclencher l’alerte rouge au département du Trésor américain. L’autre voie possible consiste à convertir l’usine et à la « calibrer » pour d’autres qualités de pétrole brut. Mais cette solution prend du temps et ne garantit pas la continuité des opérations.

Évidemment, le gouvernement vise à rendre possible la première solution. Est samedi le propriétaire de Mimit a annoncé avoir reçu le feu vert de Washington. « Nous avons reçu une lettre des autorités américaines avec l’assurance que les banques finançant les opérations de relais ne feront pas l’objet de sanctions américaines »Urso a déclaré à Reuters. La lettre provient de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du département du Trésor américain et mentionne un prêt accordé par certaines banques italiennes et par Cassa depositi e prestiti. Traduction : la raffinerie ISAB peut acheter du pétrole brut sur les marchés internationaux en continuant à utiliser des lettres de crédit.

Une version différente vient plutôt du directeur général de l’usine de Priolo, Eugène Maniakhine. Entendu par le Sole 24 Ore, indique que la raffinerie est parfaitement capable de fonctionner même avec du pétrole non russe et qu’elle peut acheter les quantités nécessaires sur les marchés. Pas avec lettre de crédit mais avec des paiements en espèces. (Habituellement, ceux qui achètent du pétrole brut le font par le biais d’une lettre de crédit avec laquelle une banque garantit le paiement). Une version qui détonne avec tout ce qui s’est passé du 24 février à avant-hier : avant la guerre en Ukraine, Priolo utilisait un mélange composé à 40 % de pétrole brut russe, avec l’invasion la part était montée à 100%. Faire de l’Italie le plus grand acheteur européen de pétrole russe, et le seul État à avoir augmenté ses importations au lieu de les contenir. Et, en fait, le premier « recycleur » de brut du Kremlin. De deux choses l’une : soit acheter uniquement à la Russie n’était pas nécessaire, soit c’est nécessaire même maintenant (avec l’administration actuelle). Le commissaire, avec les garanties américaines, devrait faire table rase et résoudre tous les inconvénients possibles.

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