©Sophie Chapelle / Bastamag

Ce sont des territoires qui étaient autrefois habités, cultivés, pâturés. Seules les ruines disséminées dans les paysages rappellent encore cette époque, révolue avec l’exode rural. Aujourd’hui, des paysans tâchent de faire revivre ces surfaces pastorales, mais se heurtent à une politique agricole fixant des normes parfois déconnectées de la réalité de leur travail et des territoires. Avec pour conséquence de les exclure des aides publiques, alors que ces territoires et leurs pratiques pastorales se révèlent particulièrement résistants aux aléas climatiques. Reportage en Ardèche.

En cette fin novembre, au cœur des Hautes-Cévennes ardéchoises, le fond de vallée affiche encore quelques touches de couleurs automnales. Les châtaignes et les feuilles recouvrent un chemin bordé de petits murs en pierres. « Ici, c’est le pays des murettes », lance Fanny Métrat, éleveuse de brebis. « Il faut imaginer que ces murs étaient beaucoup plus hauts avant. Ils empêchaient les bêtes de venir manger les cultures. » Voilà neuf ans que Fanny et son compagnon Manu se sont installés comme paysans au hameau du Mazoyer, à une heure en voiture de Privas. Pour y accéder, il faut emprunter sur six kilomètres une petite route parfois vertigineuse, se faufilant de temps en temps au milieu des forêts de châtaigniers.

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