Le gouvernement et les syndicats envisagent d'embaucher des fonctionnaires au-delà des postes générés par les départs à la retraite.
Le ministère de la Fonction publique et les syndicats CC OO, UGT et CSIF se sont mis d'accord ce mardi sur la nécessité de concevoir un mécanisme alternatif de planification des besoins en emplois dans les administrations publiques, qui va au-delà de ce que l'on appelle actuellement le taux de remplacement et qui se limite à permettre le remplacement d'un pourcentage plus ou moins grand que les pertes dues aux retraites, selon des sources proches de ces conversations.
Ce futur mécanisme, qui devrait remplacer progressivement le taux de remplacement, serait fondé sur des critères objectifs et prévisionnels des besoins en personnel. Ce cadre pourra être utilisé pour le calcul et l’approbation des futures offres publiques d’emploi. Cependant, la CSIF insiste sur le fait qu'il est essentiel que le taux de remplacement actuel soit complètement supprimé, ce sur quoi la secrétaire générale des Services publics de l'UGT, Isabel Araque, est également d'accord.
C'est l'une des questions abordées ce mardi lors des négociations ouvertes entre le gouvernement et les syndicats de la fonction publique pour approuver un nouvel accord-cadre pluriannuel sur les conditions de travail de 3,5 millions de fonctionnaires. Lors de la réunion de ce mardi, les négociateurs ont abordé le chapitre de l'emploi et ont laissé les aspects de l'amélioration des salaires au mercredi 19 prochain.
Ainsi, outre la mise en place d'un nouveau mécanisme de planification pluriannuelle des besoins en ressources humaines, l'accord éventuel comprendra également une réduction des délais maximaux de réalisation des processus de sélection du personnel et, concrètement, un raccourcissement des procédures jusqu'à la prise de fonction. Actuellement, ces processus peuvent durer jusqu'à deux ans, voire plus, ce que les syndicats considèrent comme inacceptable, surtout compte tenu des départs à la retraite massifs que connaîtra le secteur public dans les années à venir.
Dans le même sens, les négociateurs visent à adapter progressivement le contenu des oppositions au modèle éducatif actuel, axé sur l'accent sur les compétences plutôt que sur la mémorisation. Et aussi professionnaliser les instances de sélection (tribunaux) pour qu'elles soient également plus stables. Enfin, la nécessité de publier les calendriers de développement de ces processus de sélection a été abordée, afin de fournir une prévisibilité à ceux qui postulent à des postes.
En outre, le gouvernement et les syndicats ont convenu de promouvoir un modèle spécifique d'accès à l'emploi public à travers la promotion interne, différencié des postes libres. À cette fin, des projets pilotes seront conçus dans le cadre d'appels spécifiques et leurs résultats seront suivis. Un autre des points discutés comprend l'engagement à renforcer les bureaux de services aux citoyens, en personne, par téléphone ou par voie électronique. Ils ont également ajouté un nouveau volet sur la santé au travail et la prévention des risques psychosociaux, qui n'existait pas dans le précédent accord. Parmi les mesures de prévention, ils ont déterminé que la protection du personnel qui sert directement le public sera garantie, avec des protocoles contre les agressions et une prise en charge psychologique si nécessaire.
Pour évaluer tous ces changements, les négociateurs se sont également accordés sur la nécessité de créer un observatoire public de l'emploi qui prépare, entre autres, un rapport annuel de résultats sur la rationalisation des processus de sélection et sur l'évolution du travail temporaire dans les administrations. Actuellement, le secteur public a un taux d'intérimaires proche de 30%, contre 12% dans le secteur privé et les 8% auxquels l'Espagne s'est engagée envers l'Europe.
Après avoir tenu leur réunion de mardi, les syndicats ont exprimé l'espoir que les négociations sur l'emploi aboutissent. Même si le CSIF a estimé, entre autres, que la proposition de créer un mécanisme alternatif au taux de remplacement « est encore insuffisante ». De l'avis de ce centre, si l'on veut mettre définitivement un terme aux abus du travail intérimaire, « il faut supprimer directement le taux de remplacement et réaliser une étude des besoins de la main d'œuvre ».
