EL PAÍS

Netanyahu approuve la révocation de la citoyenneté et l'expulsion de deux Palestiniens israéliens

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a signé ce mardi un décret visant à révoquer la citoyenneté et à expulser deux Palestiniens israéliens accusés d'actes de violence. Cette mesure, que le président a confirmé dans un communiqué, représente la première application d'une loi approuvée en 2023 pour punir les Palestiniens possédant un passeport israélien, ou disposant d'un permis de séjour permanent à Jérusalem-Est, condamnés pour actes terroristes.

Dans une note publiée alors que le Premier ministre s'envole pour les États-Unis, où il rencontrera mercredi Donald Trump pour défendre ses intérêts dans la lutte contre l'Iran, Netanyahu a assuré que le décret retirerait la citoyenneté à deux « terroristes » qui ont mené des attaques « à l'arme blanche et par balle contre des civils israéliens ». Même s'il n'y a pas d'annonce officielle à ce sujet, le journal israélien, considéré comme proche de Netanyahu, indique que les déportés seront envoyés vers la bande de Gaza.

L'un des premiers concernés par cette législation, que les groupes de défense des droits de l'homme considèrent comme contraire au droit international, est Mahmoud Ahmed. Selon les médias israéliens, l’homme a été libéré en 2024 après avoir été condamné à 23 ans de prison pour « plusieurs coups de feu contre des soldats et des civils israéliens ». L'autre est Muhammad Ahmad Hussein al-Halasi, condamné à 18 ans de prison après avoir poignardé deux femmes à Jérusalem en 2016. Dans cette affaire, il devrait être expulsé après avoir purgé sa peine, comme le prévoit la législation qui interdit aux exilés de retourner en Israël.

Netanyahu a prévu dans sa déclaration que « de nombreux autres cas comme ceux-ci sont en cours ». Son condisciple et l’un des promoteurs de la loi, Ofir Katz, a approfondi mardi la même idée – l’expulsion de « beaucoup plus de terroristes est en cours » – qu’il avait déjà exprimée il y a des mois, lorsqu’il annonçait que les procédures avaient commencé pour appliquer la loi à des centaines de citoyens.

La législation, un amendement à la loi sur la citoyenneté israélienne de 1952 que le Parlement israélien a approuvé avec le soutien de 94 des 120 députés, pèse sur ceux qui remplissent trois conditions. Les personnes concernées doivent être reconnues coupables d'actes de violence et condamnées à des peines de prison. Il faut également prouver qu’ils ont reçu des allocations de l’Autorité nationale palestinienne (ANP), ce que les autorités israéliennes présentent comme une manière de « récompenser des actes atroces », comme l’a écrit Netanyahu ce lundi.

Cette institution, qui gouverne de manière limitée certaines parties de la Cisjordanie, apporte une aide financière aux prisonniers détenus dans les prisons israéliennes, parfois pour des crimes de sang après avoir commis des attentats à fond politique. Souvent, les récompenses sont transférées aux membres de la famille ou à d'autres représentants, ainsi qu'aux proches des agresseurs décédés. La Cisjordanie, l'un des trois territoires palestiniens occupés par Israël avec la bande de Gaza et Jérusalem-Est, est l'un des endroits où les taux d'incarcération sont les plus élevés de la planète.

Cette mesure était une exigence de la droite la plus radicale qui a finalement fait avancer le gouvernement israélien actuel, le plus à droite des sept décennies d'histoire d'Israël, formé en 2022 lorsque Netanyahu s'est allié à l'extrême droite pour rester au pouvoir. Après son approbation, en février 2023, le groupe israélien de défense des droits humains Adalah a dénoncé que l’amendement « porte encore davantage atteinte au statut précaire des Palestiniens sous le régime israélien » et a pointé du doigt les dirigeants de l’État juif pour avoir promu une mesure « exclusivement dirigée vers les Palestiniens » qui « établit deux systèmes juridiques différents basés sur la suprématie juive ». On estime qu'un cinquième des dix millions d'habitants d'Israël sont des Arabes.

Outre Gaza, l’autre endroit où la loi envisage d’expulser les personnes concernées sont les territoires de Cisjordanie sous le contrôle de l’ANP, bien que le cabinet de sécurité israélien ait approuvé dimanche une série de mesures qui étendent la juridiction israélienne sur cette zone, faisant progresser son annexion.

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