EL PAÍS

Les comédiens dénoncent de nouveaux retards dans la masse salariale du ministère de la Culture : « C'est un manque de respect absolu »

Les acteurs et actrices qui travaillent dans les productions de l'Institut national des arts du spectacle et de la musique (Inaem), dépendant du ministère de la Culture, ont dénoncé ce mercredi « qu'ils n'ont pas perçu l'intégralité de leur salaire de décembre ». Le retard touche une trentaine d'artistes interprètes, comme l'indique l'Union des Acteurs et Actrices (UAA) à ce journal. « Les retards de paiement sont un manque absolu de respect pour le travail d'acteur qui n'a aucune couleur politique, puisque législature après législature – depuis plus de 10 ans – le problème n'a pas été résolu », expliquent-ils dans une lettre publique.

« Il s’agit d’un retard qui se produit dans chacune des masses salariales que génèrent les artistes interprètes avec leur travail pour l’Administration – dans des lieux comme le Centre Dramatique National (CDN) et la Compagnie Nationale de Théâtre Classique (CNTC) – », note l’UAA. Par ailleurs, des sources de l'Inaem soulignent que les paiements aux artistes sont « des contrats de prestation de services et, par conséquent, leur nature et leur fonctionnement sont différents de ceux des allocations d'emploi ». C'est-à-dire qu'il s'agit de salaires qui sont payés à terme échu au cours de l'exercice comptable, expliquent-ils à Jiec. Ils assurent également que « les paiements en attente seront effectués cette semaine ».

Ce retard dans les paies est lié à la forme juridique actuelle de l'Inaem et notamment à l'obligation de certifier l'exécution des fonctions exercées avant de pouvoir commencer le traitement des salaires. L’organisme soutient qu’il « informe annuellement les artistes de ces retards ». Cependant, les interprètes soulignent qu'au début de l'année, la situation « s'aggrave et met en danger réel le paiement du loyer et les moyens de subsistance de ceux qui dépendent de ces revenus pour leur survie ».

Les personnes concernées demandent à l'Inaem d' »accélérer les paiements » et d'envisager, en pleine réforme de l'institut, « une solution pour les travailleurs ». Quelque chose que l'organisation « essaye de résoudre en ajustant les processus à la nature des activités et non à la procédure administrative commune ». Jusqu'à présent, c'est une certification établie par l'Intervention Générale de l'Etat (dépendant du Ministère des Finances) qui assimile ces activités à celles de prestation de services.

De cette manière, le Trésor ne permet pas le traitement anticipé de la paie mensuelle, car « il faut attendre l'ouverture des exercices comptables. Un retard qui « sera encore une fois justifié par des problèmes de gestion connus du ministère (de la Culture) depuis des années sans qu'il y ait un seul mouvement pour changer la situation », a rappelé l'UAA dans son communiqué.

Pour cette raison, les acteurs ont prévenu dans la lettre que les paiements doivent être effectués « immédiatement » et ont annoncé qu'ils n'admettraient « plus qu'un plan d'action pour que ce soit la dernière année de cette irrégularité » ou sinon l'Union des Acteurs et Actrices « promouvra toutes les actions en son pouvoir pour résoudre ce problème ».

Il y a un an, le ministre de la Culture, Ernest Urtasun, a annoncé la mise en œuvre d'une réforme globale de l'Inaem pour mettre à jour sa réglementation, devenue obsolète et qui pose de tels problèmes. La première mesure a été la division de l'organisation. Cependant, l'UAA regrette que le plan « n'ait pas été présenté aux syndicats d'acteurs et d'actrices et que, par conséquent, ils ne savent pas s'il apporte une solution à cette irrégularité ».

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