Macron, après que Trump l’ait accusé de s’être laissé maltraiter par sa femme : « Il n’est ni élégant ni à la hauteur »
Le président des États-Unis, Donald Trump, a une nouvelle fois attaqué son homologue français, Emmanuel Macron, pour des raisons personnelles concernant la guerre au Moyen-Orient. Lors d'une intervention ce mercredi, quelques heures avant son discours à la nation, le président républicain a assuré que Macron « est maltraité par son épouse » et qu' »il se remet à peine du coup qu'il a reçu à la mâchoire ». Il faisait référence au coup que Brigitte Macron a porté au visage du président de la République en mai 2025, lors d'une tournée en Asie du Sud-Est, et que les caméras de télévision ont capté juste avant sa sortie des marches de l'avion présidentiel.
Les tensions entre la France et les États-Unis ne cessent de croître et Trump contribue de plus en plus à endommager irrémédiablement les relations entre les deux dirigeants. Jusqu’à présent, Macron n’avait pratiquement pas répondu. Ni lorsque le magnat l’a ridiculisé à propos de l’augmentation du prix des médicaments qu’il réclamait. Cette fois, depuis le Japon, le chef de l'Etat français a évoqué le dernier mépris en date. « Les déclarations que j'ai pu entendre et auxquelles vous faites référence ne sont ni élégantes ni à la hauteur… donc… je ne vais pas répondre, elles ne méritent pas de réponse », a-t-il indiqué.
Trump a déclaré lors du même événement qu'il avait demandé l'aide de la France pour l'aider à débloquer le détroit d'Ormuz, une zone hautement stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures. « Emmanuel, nous aimerions avoir de l'aide dans le Golfe, même si nous éliminons les méchants et détruisons les missiles balistiques. Pourriez-vous envoyer des navires de guerre immédiatement ? » lui aurait-il demandé, selon ses mots.
Le président américain a ainsi exprimé son mécontentement après cet échange téléphonique lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche. Il a laissé entendre que les efforts déployés par Washington pour sécuriser le passage d’Ormuz ne sont pas suffisamment soutenus par ses alliés européens. « Beaucoup d'entre eux ont dit : 'Nous serons là une fois la guerre finie'. C'est comme ça que j'ai découvert l'OTAN. L'OTAN ne sera pas là si jamais nous devons faire face à une grande crise », a-t-il ironisé.
Macron a également répondu, après son atterrissage en Corée du Sud, à ces accusations. « Il faut être sérieux, et quand on veut être sérieux, on ne dit pas tous les jours le contraire de ce qui a été dit la veille. Si notre engagement est remis en question chaque jour, il devient vide de contenu », a-t-il déclaré. « C'est une responsabilité que les autorités américaines assument aujourd'hui en disant chaque matin 'nous ferons ceci', 'nous ne ferons pas cela' ou autre chose », a-t-il poursuivi, ajoutant : « On parle trop et ça part dans tous les sens. Nous avons tous besoin de stabilité, de calme, d'un retour à la paix ; ce n'est pas un spectacle. »
Macron a également évoqué l’opération militaire selon laquelle les États-Unis veulent « libérer » par la force le détroit stratégique d’Ormuz, bloqué par l’Iran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Le chef de l’Etat français estime que ce serait « irréaliste ». « Cela n'a jamais été l'option que nous avons adoptée, cela prendrait un temps infini et comporterait de nombreux risques », a-t-il noté pour trancher la question.
