Université de Hong Kong : nids équipés de caméras dans des écoles et des parcs pour les cacatoès à crête jaune jusqu’au 14 juin, la plupart des spécimens analysés portent une lignée disparue à Lombok

Des biologistes de l’Université de Hong Kong (HKU) avaient installé jusqu’en juin quatorze nids artificiels équipés de caméras pour les cacatoès à crête jaune (Cacatua sulphurea) présentes sur l’île de Hong Kong. Quatre se trouvaient dans des écoles et dix dans des parcs, selon le communiqué publié par l’université le 21 juin 2026. Depuis lors, l’université n’a communiqué aucun nouveau chiffre.

Le projet s’appuie sur une étude génétique menée par la même équipe, qui a séquencé le génome de 41 cacatoès de la ville. La population locale approche les 200 oiseaux, soit environ 10 % de la totalité restante dans le monde, et conserve une diversité génétique comparable à celle d’autres perroquets sauvages.

L’espèce provient des îles de l’est de l’Indonésie et de Timor oriental, où la capture pour le commerce des compagnons et la perte d’habitat l’ont ramenée à moins de 2000 exemplaires. Selon l’étude, celles de Hong Kong descendraient d’oiseaux en cage qui se seraient échappés ou auraient été relâchés depuis les années soixante.

Une boîte équipée d’une caméra

À l’image de la cacatoès gang-gang, qui recherche nourriture et refuge dans une propriété australienne comptant 35 000 arbres et de jeunes arbustes, ces oiseaux éclosent dans les cavités des arbres anciens. À Hong Kong, les typhons et l’abattage ont détruit plus de 60 % de celles qu’ils utilisaient, une perte qui « a créé une crise de logement pour ces oiseaux », selon Astrid Andersson, chercheuse postdoctorale à HKU et co-auteure principale de l’étude.

Pour y remédier, Andersson et l’arboriste Harry Kahon Wong, son collègue du groupe Hong Kong Cockatoo Watch, ont conçu un nid qui peut être suspendu presque n’importe où à partir de prototypes australiens adaptés à l’humidité de la ville.

Chaque boîte est équipée d’une caméra intérieure permettant à l’équipe et aux étudiants de suivre l’élevage sans déranger les oiseaux, et les étudiants notent la taille de la ponte, l’incubation et le nombre de poussins qui éclosent, des données rares pour cette espèce, selon la Faculté des Sciences de HKU.

Affiner le design a pris des mois, car les oiseaux arrachaient les copeaux de bois et détruisaient tout ce qui était fixé à la boîte, jusqu’au couvercle métallique du câblage.

Images enregistrées par la caméra intérieure de la boîte-nid du projet. Vidéo : Faculté des sciences de HKU

Nids dans les écoles et les parcs

Les établissements scolaires participant sont The ISF Academy, à Pok Fu Lam ; St. Louis School, à Sai Ying Pun, et Quarry Bay School, qui sponsorise un nid installé à Victoria Park. Les dix autres y sont suspendus dans les parcs de l’île.

En juin, un couple utilisait déjà la boîte de St. Louis School, comme en témoigne une photo du professeur Winster Wong relayée par l’université. Pour Harry Wong, les élèves peuvent aider à fabriquer et à installer les boîtes « tout en apprenant le design destiné à la faune urbaine ». Des initiatives similaires fonctionnent ailleurs, comme celle d’un jeune Texan qui a construit plus de 750 boîtes-nids.

Des élèves de Quarry Bay School près de la boîte-nid sponsorisée par l’établissement à Victoria Park (Photo : Ceri Hill / Université de Hong Kong)

Sept heures sur une corniche

En mai 2026, la Kadoorie Farm and Botanic Gardens a sollicité l’aide d’Andersson pour sortir un jeune coincé sur le toit d’un étage, selon le magazine de l’université HKU Lead. Les parents appelaient leur petit depuis une corniche voisine, et Wong est descendu sur cette corniche et y a fixé une boîte contenant le poussin à l’intérieur.

Les parents ont passé sept heures à surveiller, puis sont restés pour veiller sur leur progéniture, et le sauvetage s’est conclu en moins de 72 heures. « Parfois, une décision simple suffit pour sauver une vie », a déclaré Wong.

Lignée perdue de Lombok

L’étude a analysé des échantillons de 41 oiseaux prélevés entre 2018 et 2022, dont certains avaient été capturés et relâchés avec l’autorisation du Département de l’Agriculture, de la Pêche et de la Conservation (AFCD).

Selon les auteurs, les cacatoès de la ville portent des gènes issus des quatre sous-espèces connues. Plus de la moitié, soit 24 oiseaux, partagent une lignée maternelle identique à celle d’un spécimen de musée de Lombok, île indonésienne où l’espèce a déjà disparu, et neuf d’entre eux ne sont pas apparentés, ce qui suggère que plusieurs oiseaux provenaient de cette région.

C’est pourquoi Andersson appelle à considérer ces populations urbaines comme une potentielle « arche de biodiversité ». D’autres psittacines se sont rétablies grâce à des transferts surveillés, comme le kakapo, qui est passé de 51 à 325 individus.

Des poussins encore non comptabilisés

La taille effective de la population, c’est-à-dire le nombre d’oiseaux qui transmettent réellement leurs gènes à la génération suivante, s’élève à environ 28. Les auteurs rappellent qu’un chiffre inférieur à 50 indique une population instable, et ils notent que 28 des 41 oiseaux analysés ont un parent dans l’échantillon et que certains présentent un degré élevé de consanguinité.

L’équipe avertit aussi que tout transfert vers l’Indonésie exigerait une évaluation des risques, une atténuation des menaces, la planification de la biosécurité et l’examen des mutations nocives, des maladies et de l’âge des oiseaux candidates.

HKU n’a pas non plus publié combien de boîtes ont donné naissance à des poussins, et pour l’instant elle n’a diffusé que le couple de St. Louis School et la famille secourue en mai. L’étude complète a été publiée dans Evolutionary Applications.

Photo : Université de Hong Kong

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