Comment restaurer la confiance dans les institutions ?
En Amérique latine, près de 70 % des citoyens de la région déclarent avoir peu ou pas confiance dans leurs institutions publiques, selon Latinobarómetro. Et, dans une région marquée par des défis structurels sociaux, économiques et environnementaux, il est plus que jamais nécessaire de disposer d’institutions capables de parvenir à des accords, de mettre en œuvre des politiques publiques durables, des plans de développement stables et d’offrir des services de meilleure qualité aux citoyens.
Sans confiance institutionnelle, le développement durable n’a aucune place. Les citoyens ont besoin de savoir comment les institutions qui, dans une plus ou moins grande mesure, régissent leur vie quotidienne prennent leurs décisions. Et, d’un autre côté, les institutions doivent montrer comment elles prennent des décisions, comment elles gèrent les ressources et comment elles sont responsables de leurs résultats.
La transparence peut donc devenir un outil stratégique pour transformer la relation entre les organisations publiques et la société. Lorsque l’information ne circule pas clairement, vous perdez la citoyenneté, car vous ne pouvez pas comprendre comment sont prises les décisions qui affectent votre vie quotidienne. Les pays sont également perdants, car ils ont besoin de prévisibilité pour stimuler leur développement. Et les organisations publiques elles-mêmes y perdent, car sans informations accessibles, leur légitimité est affaiblie.
C’est précisément à ce stade que la transparence cesse d’être un programme technique et devient une condition de gouvernance démocratique. Pour que cette confiance soit possible, la publication passive des données ne suffit pas. Les institutions doivent faire un pas en avant vers une transparence proactive. Il s’agit de rendre l’information disponible et de réaliser un exercice de communication permettant aux citoyens de comprendre le quoi, le comment et le pourquoi des décisions publiques. De même, il est essentiel de renforcer les mécanismes de participation et de contrôle des citoyens, en intégrant la vision des communautés dans le cycle des politiques publiques.
Avec cette conviction, à la CAF – banque de développement de l'Amérique Latine et des Caraïbes – nous avançons dans l'exercice de présentation de notre deuxième Rapport de Transparence, qui reflète un saut qualitatif en termes de responsabilité institutionnelle et montre que l'ouverture de l'information est devenue un axe transversal de notre stratégie.
Il ne s’agit pas seulement de répondre à des critères réglementaires, mais aussi de donner l’exemple dans la région, de s’aligner sur les meilleures pratiques des organisations multilatérales et de promouvoir une culture organisationnelle basée sur l’éthique, l’ouverture et l’innovation.
Cet effort répond à la conviction que les banques de développement ont la responsabilité de renforcer les cadres de gouvernance qui permettent de pérenniser ce développement sur le long terme, car le développement durable dépend en grande partie de la qualité des institutions.
Par conséquent, la transparence est un processus permanent ; un exercice d’amélioration continue qui permet de bâtir la confiance institutionnelle. Et lorsque cette confiance existe, elle permet de pérenniser les politiques à long terme, renforce la légitimité des décisions et crée des conditions de développement plus stables.
À la CAF, nous invitons les gouvernements, le secteur privé, la société civile et les organisations multilatérales à se joindre à cet engagement d'ouverture et de transparence. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons construire une Amérique latine et des Caraïbes plus intégrées, plus équitables et mieux préparées à relever les défis du XXIe siècle.
