Étudiante creuse un étang dans son jardin pour un travail scolaire à 160 dollars; neuf ans plus tard, il attire grenouilles, crapauds et insectes pollinisateurs
Neuf ans plus tard, ce travail scolaire est devenu un petit refuge visité par des crapauds, des grenouilles, des insectes et des pollinisateurs. Il n’y a pas de formule magique. Le changement est venu avec de l’eau, des plantes indigènes, de la patience et une famille prête à laisser place à la nature.
Tout a commencé avec une pelle
Maggie ne s’est pas lancée à creuser sans réfléchir. À l’automne 2017, elle a étudié différents aménagements, tracé un cercle d’environ 3,7 mètres de diamètre et ouvert le trou à la main. Au printemps 2018, l’étang était déjà plein.
Après cela se sont joints ses parents, Anna Maria et Steven David Johnson, qui ont posé de la terre, des pierres et de la végétation sur les bords. Selon le récit familial, le revêtement, les premières plantes et les outils ont coûté environ 160 dollars. C’était un projet modeste, mais l’eau a changé la carte du jardin.
Les crapauds sont arrivés les premiers
La faune est apparue même avant que la famille n’ait fini d’aménager la berge. «À peine quelques semaines après avoir rempli l’étang, les premiers crapauds américains l’ont trouvé», se rappelle Maggie. Ils ne les ont pas achetés ni déplacés; ils sont arrivés d’eux‑mêmes.
Avec les années se sont ajoutées au paysage sonore les rainettes arborees grises et les grenouilles vertes. Là où dominaient autrefois les grillons, les nuits douces résonnent désormais de chants et d’appels qui partent de l’eau. Et cela se remarque.
La clé résidait dans la berge
Un étang ne devient pas un habitat uniquement en contenir de l’eau. Pendant que Maggie travaillait, ses parents apprenaient ce que pouvait apporter la végétation indigène à la biodiversité et ont planté des espèces appréciées par les pollinisateurs, comme le buttonbush, l’herbe Joe-Pye et la pontédérie.
Plus tard, ils ont ajouté des nénuphars blancs dans l’eau. Leurs feuilles offrent refuge aux amphibiens et aux macroinvertébrés, petits animaux sans colonne vertébrale comme de nombreux insectes aquatiques. En pratique, la berge n’était plus une bordure décorative et est devenue une source de nourriture, d’ombre et d’abris.
Le jardin tout entier a fini par être reconnu comme « Certified Wildlife Habitat » par la National Wildlife Federation. Selon les critères de l’organisation, cette distinction n’est pas un recensement scientifique, mais la reconnaissance d’un espace qui apporte eau, nourriture, couverture et lieux pour se reproduire, en plus d’appliquer des pratiques de jardinage durable.
La science met le contexte
L’histoire de Maggie est celle d’une famille, non pas celle d’une expérience contrôlée. Néanmoins, ses résultats s’inscrivent dans les conclusions d’une étude évaluée par les pairs qui a examiné 30 étangs de jardin dans l’Oxfordshire, au Royaume-Uni. Les chercheurs ont enregistré 99 taxons de macroinvertébrés et ont observé une association positive entre leur richesse, la surface de l’eau et la diversité des plantes.
L’étude recommande de disposer de la plus grande surface possible, d’inclure différentes plantes aquatiques indigènes et de surveiller la qualité de l’eau. Mais une association ne garantit pas que tous les jardins répondent de la même manière. Le climat, l’environnement et la manière dont chaque étang est entretenu comptent aussi.
Ce que l’on a appris en neuf ans
La famille a continué à investir environ 100 dollars par an dans des plantes. À l’été 2025, elle a dépensé 600 dollars supplémentaires pour une clôture afin de tenir les chats à l’écart et de mieux protéger les grenouilles. Elle affirme aussi que, dans leur cas, l’équilibre atteint permet de se passer d’un filtre, même si cela ne fait pas de l’expérience une recette universelle.
Que peut-on copier chez quelqu’un qui vit en Espagne ? Pas la liste exacte des plantes de Virginie, car une espèce autochtone l’est par rapport à un endroit précis. Pour démarrer, le CENEAM propose un guide pour créer des mares d’amphibiens, mais avant de choisir les espèces il convient aussi de consulter le catalogue officiel des espèces invasives.
Il convient aussi de laisser la faune trouver l’étang, comme ce fut le cas ici, et de protéger l’accès s’il y a des enfants ou des animaux domestiques. Un petit marais domestique nécessite observation et soins. Il ne suffit pas de remplir un trou et d’oublier.
Un refuge ne sauve pas la planète
L’étang de Maggie ne résoudra pas à lui seul la perte mondiale de biodiversité. Cependant, il démontre autre chose de plus proche: qu’une parcelle de gazon peut retrouver des fonctions écologiques lorsqu’elle offre de l’eau, de la végétation et de la protection. De plus, il permet à une famille d’observer de près des changements qui passent normalement inaperçus.
«Pour moi, c’est une histoire d’espoir», écrit Steven David Johnson, photographe de conservation et père de Maggie. Un espoir nuancé, car ce qui est petit s’additionne quand il dure des années et s’adapte à l’écosystème local. Ce n’est pas rien.
Le reportage original, avec le texte et les photographies de Steven David Johnson, a été publié le 26 mars 2026 dans National Wildlife, la revue de la National Wildlife Federation.
