Lebia urkumanta : le scarabée aux ailes minuscules découvert à 3 700 mètres d’altitude

Lebia urkumanta a été récemment découverte dans les páramos équatoriens de Cayambe et Mojanda, entre 3715 et 3740 mètres d’altitude.

‘Lebia urkumanta’ est le nom fondé sur la langue locale (le kichwa) qui a été attribué à une nouvelle espèce de scarabée qu’un groupe de scientifiques d’une université française et de l’INABIO a découverte dans les páramos équatoriens.

Cet insecte, qui est adapté à vivre à haute altitude dans les páramos des flancs de deux volcans, présente une caractéristique distinctive : les ailes situées sous les élytres sont très réduites en taille.

‘Lebia urkumanta’: un habitant singulier des páramos équatoriens

Dans les páramos d’Équateur, un groupe de chercheurs a découvert une nouvelle espèce de scarabée à laquelle ils ont attribué la taxonomie de « Lebia urkumanta ». Le nom provient du kichwa et sa signification est « habitant de la montagne ». Les caractéristiques principales de ce nouvel insecte sont, selon l’INABIO (Institut national de biodiversité), des ailes très réduites.

La découverte a eu lieu sur deux volcans : le Cayambe, situé dans la province de Pichincha (capitale: Quito) et le Mojanda, dans la province d’Imbabura, au nord du pays. Ces écosystèmes se trouvent à une altitude considérable (3715 et 3743 mètres au‑dessus du niveau de la mer) et appartiennent au páramo de pajonal et au páramo arbustif.

Les exemplaires de ‘Lebia urkumanta’ que les chercheurs ont trouvés se trouvaient sous des roches et entre la végétation et dans la litière.

L’insecte présente une morphologie très singulière avec un corps brun-rougeâtre, des yeux très proéminents et un braquipterisme marqué, c’est‑à‑dire une réduction alaire notable, car les postérieures n’atteignent presque qu’un huitième de la longueur des élytres ou des ailes « durs ».

Cette caractéristique est très peu commune dans le genre Lebia. En fait, elle n’est partagée que par l’espèce « Lebia paramicola », qui est également décrite comme un habitant du páramo équatorien.

À l’étude d’autres espèces du genre Lebia

En plus de décrire le « Lebia urkumanta », le nouvel habitant de la montagne, les chercheurs ont revisité le « Lebia paramicola », une espèce décrite à l’origine en 2005 et jusqu’ici connue seulement à partir de spécimens femelles.
Cela leur a permis de décrire pour la première fois le mâle de cette espèce et d’élargir les connaissances scientifiques sur sa répartition. Grâce à cette expédition, de nouveaux spécimens ont été enregistrés sur le mont Cayambe et sur le Mojanda.
Avec la description de « Lebia paramicola », le páramo équatorien compte désormais 2 espèces connues du genre Lebia et on sait que les deux sont adaptées aux environnements de haute montagne.
Pour les chercheurs appartenant à l’Université Toulouse Jean Jaurès (France) et à l’INABIO, cette découverte constitue une nouvelle pièce qui permet de comprendre « l’extraordinaire biodiversité qui se trouve dans les écosystèmes altoandins équatoriens ».
Les paramos subissent des conditions environnementales très extrêmes, ce qui abrite des organismes ayant développé des adaptations très particulières qui leur permettent de survivre dans des environnements de grande altitude.

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