La Conférence épiscopale affirme qu’« un acte de réparation collective pour les victimes de pédophilie n’est pas sur la table »
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La Conférence épiscopale espagnole (CEE) a tenu mardi et mercredi la commission permanente et son secrétaire général, Francisco César García Magán, s'est adressé aux médias pour rendre compte des questions discutées par les évêques. Cette apparition lui a rappelé le discours prononcé par le pape Léon XIV au siège de la CEE lors de sa visite en Espagne. Il a défini la pédophilie cléricale comme un fléau et a déclaré que des efforts devaient être faits pour indemniser les victimes. Dans cette insistance de Léon XIV sur la réparation, il y a un élément qui attend depuis longtemps : un acte collectif de réparation de la part de la CEE. Vont-ils le reprendre après les paroles du Pape ? » a demandé un journaliste à Magán. Il a répondu non. « Cette initiative spécifique à laquelle vous faites référence n'est pas actuellement sur la table. Elle fera l'objet d'une réflexion à l'avenir et n'est pas exclue. »
Cette réponse démontrerait, comme plusieurs victimes l'ont souligné à ce journal, qu'il n'y a pas d'engagement sincère de la part de la CEE en faveur de l'éradication de la pédophilie. Ciro Molina, membre de l'Association nationale de l'enfance volée des îles Canaries, estime que les évêques ne tolèrent pas que ce soient les victimes qui fixent leur agenda.
Dans son discours aux évêques, le pontife a déclaré que la communauté ecclésiale « est appelée à répondre par l'écoute, la vérité, la justice, la réparation et un engagement de plus en plus déterminé en faveur de la prévention et d'une culture du soin ». Et il a ajouté : « Chaque personne blessée doit pouvoir trouver une écoute sincère, une acceptation, une protection et de véritables chemins de guérison. »
Comme Magán l’a commenté ce mercredi à la question d’un journaliste, le Pape a prononcé un « discours riche et multiforme, où de nombreux sujets ont été abordés ». Et il a cité ce qu’il considère comme l’axe principal : « l’action évangélisatrice de l’Église ». D'autre part, a poursuivi Magán, « il nous a parlé de la centralité de la parole, de l'Eucharistie, de la vie spirituelle, affirmant que le renouveau ecclésial dans tous les domaines ne se fait pas seulement avec des techniques pastorales mais invite également à une relation personnelle avec le Christ. Il nous a invités à sortir en dialogue, à écouter, partager, respecter ». Une autre question, selon le secrétaire général, « à laquelle il nous a encouragés, nous les évêques, était la communion, on a discuté de la question des vocations, de la responsabilité des laïcs ».
Finalement, il a cité la pédophilie pour dire qu'il n'y a pas d'acte de réparation collective pour les victimes sur la table. « Le Pape a explicitement mentionné les victimes d'abus et a déclaré que la réponse ecclésiale doit s'appuyer sur cinq piliers : l'écoute, la vérité, la justice, la réparation et la prévention. Et ce sont les lignes de travail que nous menons dans les Églises d'Espagne. »
