Fermier sud-africain plante des arbustes en 1976 pour éviter que la boue n’entre dans sa grange; cinquante ans plus tard, sa pente devient une référence pour la restauration des terres dégradées

En 1976, l’agriculteur Graham Slater planta des boutures de spekboom à Krompoort, dans le Cap oriental, en Afrique du Sud, pour stabiliser une pente dégradée et éviter que la boue ne retourne dans son grange. Un demi-siècle plus tard, ces arbustes dépassent la hauteur d’une personne et l’exploitation est devenue une référence pour la restauration des terres dégradées.

Una solución sencilla que acabó en manos de la ciencia

Le spekboom (Portulacaria afra) est un arbuste succulent originaire, et non une forêt conventionnelle. Une étude scientifique sur le programme identifie Graham Slater et relate que la pente de Krompoort avait été dégradée par les chèvres, tandis que l’eau chargée de sédiments inondait la grange après les fortes pluies.

Slater a continué à planter des boutures jusqu’à la fin des années 1990, et le fourré dense s’étendait sur environ 2,5 hectares. Cela a permis de comparer des parcelles de différents âges et d’observer quelque chose qu’une expérience courte ne peut guère démontrer. La restauration est lente, et on le remarque.

El carbono que volvió a Krompoort

Une étude de 2006 estimait que Krompoort avait accumulé 11 kilogrammes de carbone par mètre carré sur 27 ans. Cela équivaut à environ 110 tonnes par hectare, avec une moyenne de 4,2 tonnes par an, en incluant la végétation, les racines et le sol.

Il ne faut pas confondre ce chiffre avec des tonnes de CO2 ni l’appliquer mécaniquement à toute exploitation. La même étude a trouvé un rythme beaucoup plus faible dans une autre réserve, en grande partie à cause du broutage par les herbivores, d’une épaisseur de sol plus faible et de la présence de pierres. Le lieu compte. Beaucoup.

Por qué esta suculenta cambia el terreno

Le spekboom stocke l’eau dans ses feuilles et peut s’établir à partir de rameaux coupés, ce qui est utile dans une région semi-aride. Ses branches captent les feuilles mortes, apportent de l’ombre et amortissent l’impact des pluies, tandis que les racines peuvent favoriser l’infiltration de l’eau dans le sol.

La matière organique améliore le sol et la canopée crée un environnement plus frais pour la germination des plantes ligneuses. « On le considère comme un ingénieur de l’écosystème », expliqua l’écologue Alastair Potts au Programme des Nations Unies pour l’Environnement. En pratique, il prépare le terrain pour que de nouveaux habitants reviennent.

La biodiversidad regresó, pero no de golpe

Une étude ultérieure a comparé Krompoort à Rhinosterhoek, un autre enclave restauré de la région. Les scientifiques ont recensé 172 individus jeunes appartenant à 13 espèces et ont constaté que 92 % se concentraient dans les zones restaurées de 35 et 50 ans et dans les fourrés intacts.

À Rhinosterhoek, la parcelle de 50 ans a atteint une réserve totale de 250,8 tonnes de carbone par hectare, très proche des 245 tonnes estimées dans les zones intactes. Toutefois, les parcelles de Krompoort présentaient une régénération moindre des espèces arborées à canopée que le fourré conservé. Récupérer les fonctions écologiques ne signifie pas reconstruire immédiatement l’écosystème d’origine.

De una finca a 21,5 millones de esquejes

Cette expérience a contribué à impulser le Programme de Restauration du maquis subtropical. Entre 2004 et 2016, environ 21,5 millions de boutures ont été plantées dans des zones protégées, dont 200 000 dans 330 parcelles clôturées. Chacune mesurait 0,25 hectare, et non 0,5 hectare comme cela a été répété dans certaines informations.

Les parcelles ont été réparties sur un territoire d’environ 75 000 kilomètres carrés et ont permis d’expérimenter différentes formes de plantation. En 2023, leurs responsables ont décrit l’ensemble dans Frontiers comme le plus grand essai de restauration d’écosystèmes au monde. Cette pente n’était plus une simple anecdote rurale.

Plantar no basta

Les résultats tempèrent l’enthousiasme facile. Le suivi de 64 parcelles opérationnelles, distinctes des expérimentales, a enregistré des taux de survie allant de 0 % à 93 %, avec une moyenne de 28 %. La géologie, l’orientation ou la pente n’expliquaient pas à eux seuls cette différence.

Une autre étude publiée en 2021 a observé que les boutures épaisses survivaient presque deux fois mieux que les petites, environ 45 % contre 25 %. Les protéger des herbivores, choisir du matériel sain et surveiller les premières années pèsent autant que le choix de l’espèce appropriée. Il n’y a pas de raccourcis.

Una restauración que ahora busca otra escala

Le mouvement réunit aujourd’hui plus de 60 initiatives et vise à restaurer 800 000 hectares d’ici 2030, selon les Nations Unies. En 2025, il a été reconnu comme une initiative emblématique de la Décennie des Nations Unies pour la Restauration des Écosystèmes, une distinction qui porte aussi l’attention sur l’emploi rural, l’eau et l’habitat des éléphants et des rhinocéros noirs.

Krompoort montre qu’une intervention modeste peut modifier la trajectoire d’une terre dégradée. Mais sa véritable leçon n’est pas que le spekboom soit une plante miraculeuse, mais que la végétation indigène demande du temps, de la protection et du suivi pour redevenir opérationnelle.

La mise à jour officielle de 2026 a été publiée par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, tandis que l’étude qui documentait le retour spontané de la biodiversité est apparue dans Restoration Ecology.

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