Centres de données : le gouvernement prolonge les délais et maintient l’exigence de 80 % d’énergie renouvelable
Les centres de données bénéficieront d’une marge plus grande pour satisfaire les exigences énergétiques que prépare le Gouvernement.
Le texte porte l’ancienneté admise pour les installations renouvelables associées de 18 à 36 mois et ramène de dix à six ans la durée minimale des contrats. Il prévoit également des batteries et certaines centrales photovoltaïques sans limite d’ancienneté. D’ici le début de 2029, les entreprises disposeront de six mois à partir de la signature du contrat d’accès au réseau pour satisfaire les exigences de production d’énergie renouvelable.
Les projets européens stratégiques axés sur la souveraineté numérique pourront disposer de jusqu’à 60 mois pour se rattacher à l’approvisionnement renouvelable. Le Miteco soutient que les changements conservent l’ambition environnementale de la proposition.
La pression sur l’approvisionnement électrique explique l’importance de cette réglementation : l’Agence internationale de l’Énergie estime que les centres de données ont consommé 485 térawattheures en 2025 et prévoient environ 950 en 2030, soit presque le double. Ce volume représenterait environ le 3 % de la demande électrique mondiale.
Centres de données
La nouvelle proposition de décret royal pour réguler les centres de données en Espagne conserve les éléments clés du premier brouillon, tout en offrant plus de souplesse aux entreprises sur les délais pour mettre en œuvre les mesures et en accordant plus de délai aux gigafactoires d’IA européennes pour se relier à des installations renouvelables qui fournissent au moins 80 % de la consommation de l’infrastructure.
Les sources du Ministère pour la Transition Écologique et le Défi Démographique (Miteco) soulignent que le nouveau texte conserve « l’ambition et les éléments clés » de la proposition soumise à information publique afin d’éviter les effets indésirables qu’un développement incontrôlé des installations pourrait avoir sur les ressources en eau et le prix de l’électricité.
Le Gouvernement a envoyé ce lundi au Conseil d’État le document qui maintient l’exigence imposant aux titulaires de centres de données de démontrer qu’ils couvrent 80 % de leur consommation totale par l’autoconsommation ou par l’achat d’électricité renouvelable située en Espagne.
Cette proposition de décret permet que les installations renouvelables associées puissent avoir une ancienneté allant jusqu’à 36 mois avant la mise en service du centre de données (par rapport à 18 mois fixés dans le premier brouillon), ainsi que aussi une réduction de 10 à 6 la durée de ces contrats.
De plus, l’exigence de couvrir au moins 80 % de la consommation totale avec de l’énergie renouvelable se flexibilise en intégrant le stockage par batteries et en permettant que les centres de données utilisent l’électricité provenant de centrales solaires photovoltaïquess sans tenir compte de leur date de construction, tant que celles-ci n’avaient pas souscrit, à l’entrée en vigueur de ce décret royal, un ou plusieurs contrats d’achat d’électricité renouvelable à long terme.
Jusqu’au début de 2029, les entreprises disposeront d’un délai de grâce de six mois à partir de la signature du contrat d’accès au réseau pour satisfaire ces exigences de production d’énergie d’origine renouvelable (additionalité, terme technique).
Plus de facilités pour les projets européens
Les centres de données qui « fassent partie d’initiatives de l’Union européenne » et qui soient des projets européens stratégiques axés sur la souveraineté numérique disposeront d’un délai allant jusqu’à 60 mois pour mettre en œuvre ces mesures d’autoconsommation ou d’achat d’électricité renouvelable.
Un autre changement par rapport au premier brouillon est l’augmentation du seuil général d’application passant de 1 à 10 mégawatts (MW) de puissance d’accès, un changement qui concentre l’attention sur les grands centres de données. Les centres dépassant 10 MW devront consommer majoritairement de l’énergie renouvelable jusqu’à ce que le mix énergétique espagnol atteigne 90 % renouvelable, soit par autoconsommation, soit par des contrats d’approvisionnement à long terme.
Pour respecter les exigences de corrélation horaire renouvelable, les entreprises pourront bénéficier d’un délai d’adaptation de cinq ans avec des objectifs graduels en échange de leur intégration dans le système de réduction automatique de puissance afin d’être déconnectées, en respectant le temps de réactivité communiqué par l’opérateur du système et sans indemnité en cas de tensions sur le réseau.
La marge d’efficacité dans l’usage de l’eau s’élève
En matière de ressources hydriques, les centres devront respecter les niveaux les plus élevés des étiquettes européennes relatives à la consommation d’eau, mais la marge transitoire d’efficacité énergétique est relevée de 1,15 à 1,25 du PUE (la métrique qui mesure l’efficacité énergétique des centres de données), en ajoutant une adaptation liée aux conditions climatiques.
Cette marge transitoire de consommation d’énergie restera en vigueur jusqu’au 31 décembre 2031 pour les installations qui signent leur contrat d’accès au réseau avant 2029.
Enfin, concernant la souveraineté numérique, le décret se concentre sur les centres qui hébergent les données les plus sensibles du secteur public, et oblige à les maintenir au sein de l’Union européenne (UE), mais permet des travaux de soutien technique à distance depuis des pays tiers si cela est strictement nécessaire. Le Miteco affirme que la proposition espagnole est la plus ambitieuse et garantiste à ce jour.
