Un voyage dramatique à travers la détérioration des récifs coralliens en Thaïlande et en Indonésie
ParJulie
70 % de la surface de la planète est recouverte d’eau. Cette eau nous nourrit, nous protège. C’est une source de richesse économique, sociale et culturelle. Les océans et les côtes sont également des alliés essentiels dans la lutte contre le changement climatique, puisque les systèmes côtiers, tels que les mangroves, les marais salants et les herbiers marins, absorbent plus d’émissions de CO2 que les mêmes zones forestières terrestres. Cependant, la pollution, la surpêche et l’urbanisation côtière détériorent leur santé. Les récifs coralliens tropicaux pourraient disparaître d’ici la fin de ce siècle et, d’ici 2050, il pourrait y avoir plus de plastique que de poissons dans les océans. Les rapports du GIEC, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat des Nations Unies, désignent l’Asie du Sud-Est comme l’une des régions les plus vulnérables au changement climatique, la Thaïlande et l’Indonésie étant parmi les pays les plus touchés.
Avec le projet Symbiosis, auquel appartiennent les images de cet essai photographique, je souhaite mettre en évidence l’interconnexion des effets du changement climatique sur l’environnement marin et côtier, tels que la perte de biodiversité, l’élévation du niveau de la mer, l’érosion côtière, l’acidification de l’eau. océans et l’augmentation des températures avec leurs effets négatifs sur les récifs. Le titre de cet ouvrage fait également référence à la relation étroite entre l’homme et le milieu marin. J’étudie comment ces phénomènes affectent directement la vie des communautés côtières dont les moyens de subsistance économiques sont liés à la mer. Afin de générer un débat constructif, sans tomber dans des sentiments d’abandon ou de désespoir, une partie centrale du projet est consacrée aux solutions que les communautés locales et les scientifiques mettent en œuvre pour tenter de sauver la santé de l’écosystème marin pour les générations futures. Il s’agit d’une archive qui documente les changements de notre époque et qui devient un moteur de préservation.
Le constructeur de récifs. Sur l’île de Tidung, l’espèce ‘Acropora’ est utilisée pour sa croissance rapide. Les récifs coralliens grandissent entre 10 et 15 centimètres par an et peu à peu l’écosystème endommagé par la pêche avec des méthodes agressives comme les explosifs se rétablit. Giacomo d’OrlandoLes plongeurs en action. Deux plongeurs locaux placent des pièces de béton au large de Jameluk, à l’est de Bali, qui font partie d’un projet de récupération de coraux. Les structures artificielles peuvent varier en matériaux et en dimensions pour créer des refuges pour la faune marine.Giacomo d’OrlandoUne étoile de la mort. La couronne d’épines (« Acanthaster planci ») est une espèce d’étoile de mer qui endommage les coraux en s’en nourrissant. La hausse des températures de la mer et son acidification la rendent plus résistante et vorace, ce qui constitue une menace pour les récifs.Giacomo d’OrlandoConditions extrêmes d’oxygène. Un spécimen de « Pocillopora », un genre de corail dur, est soumis à de faibles niveaux d’oxygène dans les laboratoires de l’Institut de recherche marine et côtière de l’Université Prince de Songkhla, dans le sud de la Thaïlande. Le manque d’oxygène entraîne une perte rapide des tissus du corail.Giacomo d’Orlando Un équilibre fragile. L’augmentation de la température de l’eau et la prolifération d’algues (appelée eutrophisation, causée par un excès de nutriments dû à l’utilisation d’engrais agricoles) qui concurrencent les coraux sont deux facteurs qui affectent la qualité de l’eau et la santé de l’écosystème marin.Giacomo d’OrlandoL’empreinte humaine. Bang Erik, habitant de l’île de Tidung et militant pour la conservation des récifs coralliens, pendant les travaux de restauration. Ces dernières années, l’archipel des Kepulauan Seribu a été affecté par la hausse de la température de l’eau et par les activités humaines.Giacomo d’OrlandoNemo ne colore plus le récif. Les populations de poissons-clowns communs (« Amphiprion ocellaris ») sont en déclin considérable au large de Jakarta, en Indonésie, en raison de la surpêche et du commerce des poissons d’ornement. Sur l’image, des spécimens de Nemo Hatchery, une écloserie de cette espèce ouverte en 2018.Giacomo d’OrlandoPréserver pour l’avenir. La chercheuse Suchana Chavanich travaille sur un projet de cryoconservation des spores du corail ‘Acropora humilis’ dans les laboratoires du département des sciences marines de l’université Chulalongkorn, à Bangkok. Giacomo d’OrlandoPépinières de coraux. Les récifs coralliens de Pemuteran, au nord-ouest de Bali, ont été détériorés en raison des méthodes de pêche agressives utilisées dans la région. Pour restaurer l’habitat, des pépinières de coraux ont été construites grâce à une technologie appelée accrétion minérale électrolytique (Biorock). Giacomo d’Orlando
Julie, cheville ouvrière de Jiec depuis sa création en 2020, allie expertise en développement durable et un talent pour la narration engagée. Elle transforme la complexité des enjeux écologiques en articles percutants, éveillant la conscience de ses lecteurs.
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