Changer le cours de l'histoire : l'opportunité de Santa Marta pour un monde sans combustibles fossiles
La géopolitique actuelle a porté un jugement : abandonner notre dépendance aux combustibles fossiles n’est plus seulement un impératif climatique ; C’est le seul moyen de garantir la paix et notre propre souveraineté. Le pétrole, le gaz et le charbon ne sont pas seulement la principale cause de l’urgence climatique, ils sont également à l’origine des conflits et des violations des droits humains auxquels nous assistons aujourd’hui. De plus, ils nous appauvrissent : chaque fois que le prix de l’énergie augmente, notre panier d’achats devient plus cher et notre qualité de vie diminue.
Comme l’a récemment averti l’Agence internationale de l’énergie, nous traversons une crise énergétique sans précédent. L’Europe reste prisonnière d’une dépendance extérieure qui fait de nous une cible facile pour les menaces de dirigeants tyranniques et imprévisibles comme Trump ou Poutine. Sur ce tableau, l'Espagne joue avec un certain avantage : grâce au déploiement des énergies renouvelables, nous avons l'une des factures d'électricité les moins chères de l'Union européenne. Mais ne nous trompons pas ; Ce succès n’est qu’un mirage si l’on ignore que 70 % de notre énergie totale est encore enchaînée aux fossiles, notamment dans les transports et l’industrie.
Face à cette vulnérabilité, une opportunité historique se présente : la Conférence pour une transition au-delà des combustibles fossiles, qui se tiendra à Santa Marta (Colombie) du 24 au 29 avril, co-organisée par le pays latino-américain avec les Pays-Bas. Pour la première fois, plus de 50 gouvernements de tous les continents, ainsi que des scientifiques, de la société civile et des peuples autochtones, se réuniront pour tracer la voie vers un monde sans pétrole, sans gaz ni charbon. Il ne s’agit pas d’une simple réunion de plus, mais d’un pas en avant vers la conception d’un nouveau cadre de coopération qui promeut de véritables solutions en matière de financement, de transfert de technologie, de gouvernance et de justice climatique.
On sait que les sommets officiels des Nations Unies (COP) ont du mal depuis trente ans à pointer directement et à éliminer le principal responsable de la crise climatique : la production et la consommation d’énergies fossiles. Pour cette raison, Santa Marta apparaît comme le début d’un processus complémentaire qui contribue au respect de l’Accord de Paris. Son objectif devrait être d’agir comme un catalyseur vers un traité international juridiquement contraignant qui stopperait l’expansion de ces carburants et garantirait une transition ordonnée, juste et équitable, sans répéter les erreurs colonialistes du passé. En même temps, elle doit contribuer à promouvoir fortement un plan d’abandon mondial des énergies fossiles lors de la COP31.
Cette transition est avant tout une question de justice. Les pays qui ont le moins contribué au problème sont ceux qui souffrent le plus de ses conséquences. Ce n’est pas un hasard si la revendication d’un traité sur les combustibles fossiles est née sur des îles du Pacifique comme Tuvalu ou Vanuatu : votre vie en dépend littéralement. Mais nous parlons également de pays qui n’ont pas les moyens d’accéder aux technologies renouvelables, contrôlés par un petit groupe de pays, ou qui sont contraints de vendre leurs combustibles fossiles comme seul moyen de payer leurs dettes illégitimes. Santa Marta doit envoyer un signal clair : le monde évolue vers un modèle qui ne laisse personne de côté. Il n’y a plus de temps pour les paroles vides de sens. L’Union européenne (UE), avec son énorme responsabilité historique et son discours apparemment vert, ne peut se permettre de revenir en arrière, ne serait-ce qu’un pas de plus, ni s’incliner devant ceux qui jouent avec notre destin. L'Espagne a récemment fait preuve d'un leadership remarquable dans la défense de la paix et du droit international ; Vous avez désormais la possibilité d’agir également pour stopper la racine de tous ces problèmes.
Le gouvernement espagnol doit jouer un rôle audacieux dans cette conférence. Il est temps de déployer votre diplomatie pour fédérer vos partenaires européens autour d’un mécanisme international contraignant qui régulerait définitivement les énergies fossiles. Le défi est immense, mais la récompense est encore plus grande : cesser de parler uniquement du climat pour parler de ses causes (énergies fossiles) et des solutions : bien-être, souveraineté et justice sociale. Santa Marta peut être le lieu où nous pouvons faire pencher la balance en faveur du peuple pour construire un avenir durable, juste, démocratique et, surtout, pacifique.
