Europe : campagne des cultures d’été en deçà de la moyenne quinquennale; semis d’hiver avec terres sèches au centre et inondées au nord

La campagne de cultures d’été 2026 se clôt en Europe avec des rendements inférieurs à la moyenne des cinq dernières années. Le bulletin MARS du 23 octobre, émanant du Centre commun de recherche (JRC) de la Commission européenne, le confirme. La récolte est déjà très avancée dans presque tout le continent.

Les prévisions n’ont guère évolué depuis septembre, bien que dans certaines régions elles aient légèrement reculé à nouveau. Et ce qui sera semé l’année prochaine ? La campagne hivernale commence avec un double problème: des sols très secs en Europe centrale et occidentale et des parcelles inondées dans le nord.

Soja et maïs, les plus touchés

Tout a commencé par un été exceptionnellement chaud et sec dans une grande partie du continent. Dans de vastes zones d’Espagne, de France et d’Italie, juillet et août ont connu plus de 15 jours avec des températures supérieures à 35 degrés. C’est ce que rapporte l’analyse du JRC à la fin du mois de septembre.

Les derniers chiffres par culture que le JRC détaille sur son site datent de septembre. À ce moment-là, la soja affichait une production inférieure de 15 % par rapport à la moyenne quinquennale. Le maïs fourrager vert perdait 14 %, et la betterave à sucre 11 %. Le maïs grain reculait de 8 % et la pomme de terre de 7 %.

Avec une telle chaleur, le maïs est arrivé à maturité jusqu’à trois semaines plus tôt que prévu dans les zones les plus touchées. Certains champs ont été endommagés au point de ne pas être rentables à récolter. Ils ont été abandonnés, et c’est pourquoi la production chutera bien plus que le rendement.

Les pluies de septembre arrivées trop tard

Selon le bulletin, l’eau de septembre est arrivée trop tard pour inverser les pertes de rendement. Les dégâts ont perduré jusqu’à la fin dans le nord de l’Espagne, en France, dans le Benelux, dans le sud de l’Allemagne et en Italie. Également en Autriche et dans une grande partie de l’Europe centrale et du sud-est.

En Francia, le sud de l’Allemagne, l’Autriche, la Slovaquie, la Slovénie et la Croatie les cultures se sont même dégradées en septembre. C’est l’arrière-goût de la même sécheresse qui frappait déjà les récoltes européennes en août. Et les éleveurs, avec moins d’herbe et moins de maïs fourrager, ont dû réduire leurs troupeaux dans certains cas.

Le colza par plaques en Hongrie

La nouvelle campagne hivernale commence avec le même ennemi de toujours, la sécheresse. En France, dans le sud de la Belgique, au Luxembourg et dans le sud de l’Allemagne, le colza est né avec des touffes dégarnies. Les céréales d’hiver s’y sèment également plus lentement dans certaines parties de la France et du Benelux.

En Hongrie, en Slovaquie, en Croatie et aux environs, le colza s’en sort particulièrement mal. Le JRC n’exclut pas qu’il y ait eu une surface semée plus faible. Dans l’est de l’Allemagne et l’ouest de la Pologne, on craint que les plantes ne s’installent pas avant l’hiver.

Les céréales d’hiver, cela dit, continuent d’être semées globalement dans leur fenêtre optimale. Dans le sud de l’Allemagne, les dernières pluies ont déjà aidé. En toile de fond demeure une autre question, celle d’une agriculture qui, selon certains scientifiques, réduit la capacité des sols à retenir l’eau.

Dans la Baltique, trop d’eau

Tandis que le centre de l’Europe regarde le ciel, dans les pays baltes, c’est tout le contraire. Des pluies persistantes ont saturé les sols d’eau. Dans certaines régions, le semis d’hiver s’est arrêté net.

Comme le délai pour semer touche à sa fin, le JRC prévoit une superficie moindre de cultures d’hiver. Une partie de ces parcelles sera finalement semée au printemps. En Finlande, l’excès d’eau a retardé la récolte et, dans certaines zones, elle n’a même pas pu être terminée.

Zonas de preocupación del boletín MARS hasta el 17 de octubre de 2026. A la izquierda, los daños en cultivos de primavera y verano; a la derecha, falta de agua (marrón), exceso (azul) y retrasos de siembra en el Báltico y Finlandia. (Foto: JRC, Comisión Europea)

Même en Turquie, qui affichait de très bonnes perspectives pour le maïs, la pluie et le manque de soleil les ont quelque peu abaissées. Dans les prochaines semaines, on prévoit des pluies dans presque toute l’Europe. Cela pourrait rétablir l’humidité du sol, tandis que la Baltique connaîtrait en fin de compte une période plus sèche.

La récolte perdue, sans chiffre

L’avis du JRC sur la production comporte une faille importante. Il part du principe que les pertes dépasseront la diminution du rendement, mais il n’avance aucun chiffre sur la récolte perdue. Les pourcentages par culture dans le bulletin MARS sont par ailleurs des prévisions et non des chiffres définitifs.

On ne sait pas non plus combien de colza et combien de céréales resteront non semées. Cela dépendra en grande partie de la pluviométrie en novembre. Pour le JRC, cet été est « un avant-goût des défis croissants » pour le secteur agricole européen face au réchauffement, et c’est pourquoi l’idée de freiner la désertification par l’agriculture elle-même prend de l’importance.

La communication officielle sur la clôture de la campagne d’été a été publiée par le Centre commun de recherche de la Commission européenne.

Photo: S. Niemeyer / JRC, Commission européenne

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