Ken Nedimyer, pionnier de la culture de coraux en Floride depuis 2000, et sa fondation qui élève jusqu’à 50 000 coraux par an dans des arbres sous-marins, mais après la canicule de 2023, moins de 22 % des transplantations de corail cervicornis ont survécu
Un modeste projet familial dans les cayos de Floride a fini par contribuer à une approche de restauration des récifs endommagés. Ken Nedimyer, passionné par les poissons tropicaux et l’aquaculture, a commencé à propager des coraux avec sa fille en 2000, et des années plus tard il fonde une organisation dont les viviers peuvent produire plus de 50 000 coraux par an, selon l’entité elle-même.
L’idée consiste à élever des fragments jusqu’à ce qu’ils puissent être réimplantés sur le récif, en utilisant des structures appelées « arbres de corail ». Cette méthode permet de multiplier les colonies, mais le véritable défi survient ensuite, lorsqu’ils doivent survivre dans une mer de plus en plus chaude.
Les chiffres de Coral Restoration Foundation
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Premiers essais de culture | 2000, avec sa fille |
| Fondation de CRF | 2007 |
| Arbres de corail | Depuis 2011 |
| Capacité des viviers | Plus de 50.000 coraux par an (environ 137 par jour) |
| Diversité génétique | Environ 600 génotypes sur plus de 20 espèces |
| Survie dans les cayos (2007-2015) | Entre 4 % et 89 % |
| Survie après la chaleur de 2023 | Moins de 22 % (Acropora cervicornis) et moins de 5 % (Acropora palmata) |
| Transfert de 2026 | Environ 1000 coraux de 130 génotypes, sur 3500 prévus |
De un proyecto escolar en 2000 a una fundación en 2007
Nedimyer connaissait ces financements bien avant d’installer un vivier. Il avait vu comment les récifs qu’il explorait en plongée perdaient coraux et poissons, une transformation qui a fini par changer son métier.
Selon le dossier documenté par The Nature Conservancy, en 2000 il a commencé, avec sa fille, à propager des fragments de corail cervicornis (Acropora cervicornis) pour un projet éducatif 4-H. Puis il proposa d’utiliser ces spécimens pour restaurer les récifs et, en 2004, arriva un financement pour un essai pilote.
En 2007, il fonda Coral Restoration Foundation (CRF). Les premiers cultures précèdent les célèbres arbres sous-marins, dont la création, selon la fondation, remonte à 2011.
Corales colgados como en un tendedero
Ces structures restent fixées au fond et soutenues par un flotteur immergé. De leurs branches pendent des fragments de corail attachés par un fil, pendant que l’ensemble se balance au gré des courants et des vagues.
L’image évoque un séchoir sous l’eau, bien que cela demande nettement plus de soin. Les équipes nettoient les structures et ajustent leur profondeur pour maintenir des conditions adéquates, et la fondation estime que les coraux ramifiés peuvent être prêts pour le récif en six à neuf mois.
Ensuite, les plongeurs les fixent dans des zones choisies pour leur réhabilitation. Le suivi ultérieur permet de vérifier la croissance et la proportion qui demeure vivante, une tâche aussi nécessaire que la culture elle-même.
600 génotypes issus de plus de 20 espèces
Selon CRF, ses viviers floridiens conservent environ 600 génotypes issus de plus de 20 espèces. Les génotypes représentent des différences génétiques entre les spécimens, ce qui est important pour que la collection conserve la diversité.
L’expérience s’est aussi étendue au-delà des États‑Unis. Nedimyer a participé à la création de Reef Renewal International avec une équipe de Bonaire, et les travaux liés à cette organisation se sont étendus à Curaçao, aux îles Caïmans et en Polynésie française.
Récupérer ces écosystèmes a des conséquences qui vont au‑delà du paysage que voit le plongeur. Des récifs sains offrent un habitat à des poissons, des langoustes et des tortues, et soutiennent des activités comme la pêche et le tourisme dont dépendent les communautés côtières.
Entre el 4 % y el 89 % de supervivencia
Comment se passe-t-il lorsque les coraux quittent le vivier ? Une étude publiée dans PLOS ONE en 2020 a analysé 2419 colonies transplantées sur les récifs des cayos de Floride, avec des observations réalisées entre 2007 et 2015.
Sur sept cohortes suivies pendant au moins cinq ans, la survie variait entre 4 % et 89 %. De plus, elle avait tendance à diminuer après les deux premières années, une différence qui oblige à regarder au‑delà du simple nombre d’exemplaires plantés.
Les auteurs ont souligné qu’il était nécessaire de réduire les pressions sur le récif pour parvenir à une récupération importante. En attendant, les transplantations pouvaient aider à éviter des disparitions locales et à préserver la diversité génétique, sans garantir à elles seules la reconstruction de l’écosystème.
La ola de calor de 2023
La vague de chaleur marine de 2023 a démontré cette fragilité. Selon une évaluation de 2024 recueillie par la NOAA, parmi les coraux transplantés examinés, moins de 22 % des Acropora cervicornis et moins de 5 % des Acropora palmata ont survécu.
Pour cette raison, les programmes étendent le travail avec les espèces qui ont mieux résisté et avec la reproduction des coraux survivants. Ils visent aussi à obtenir de nouvelles combinaisons génétiques, car produire de nombreux fragments identiques d’une même colonie n’apporte pas la même diversité que de croiser des reproducteurs différents.
Un second banco genético bajo el agua
Le 20 août 2026, CRF a annoncé le transfert d’environ 1000 coraux, correspondant à 130 génotypes, de Tavernier vers le vivier d’Elbow. Il s’agissait de la première phase d’un plan visant à déplacer environ 3500 et à dupliquer leur collection génétique sous‑marine sur deux sites. Ces 1000 coraux représentent moins d’un tiers des 3500 prévus.
« Nous ne pouvons pas contrôler la température de l’océan. En revanche, nous pouvons réduire le risque de perdre du matériel génétique important », a expliqué Phanor Montoya Maya, responsable du programme de restauration de CRF. Répartir les exemplaires permet que leur conservation ne dépende pas des conditions d’un seul endroit.
Cette initiative familiale fait aujourd’hui partie d’un effort collectif qui exige de cultiver, surveiller et adapter les techniques lorsque la mer change. Le communiqué annonçant ce nouveau dépôt génétique a été publié sur le site officiel de Coral Restoration Foundation.
Imagen: Coral Restoration Foundation
