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L'autorité environnementale limite Coca-Cola à l'exploitation des sources de La Calera pour donner la priorité à la consommation humaine

La multinationale des boissons Coca-Cola ne pourra extraire qu'une partie de l'eau qu'elle met en bouteille de sept sources situées à La Calera, une petite municipalité au nord de Bogota. La Société Régionale Autonome (CAR) de Cundinamarca, la plus haute autorité environnementale du département, a décidé ce mercredi d'autoriser Indega, l'entreprise d'embouteillage de Coca-Cola en Colombie, à utiliser seulement quatre des sources d'eau avec lesquelles elle produit plus de 400 000 bouteilles par jour. Le permis sera valable cinq ans, et non les 10 ans demandés par l'entreprise, une décision que la RCA a justifiée en garantissant l'approvisionnement humain face aux effets du changement climatique.

Cette décision constitue un coup dur pour Coca-Cola dans un procès qui dure depuis plus d'un an. L'origine remonte à l'inquiétude exprimée en 2024 par la population de La Calera, à environ 30 kilomètres de la capitale de plus de huit millions d'habitants, en raison du manque d'eau. Au premier semestre 2025, une partie de la communauté a demandé à l'autorité environnementale de refuser l'extension de la concession qui permet l'exploitation des sept sources d'une réserve forestière du village de Santa Helena. Les puits sont en service depuis 40 ans, mais leur utilisation a commencé à susciter des débats après la sécheresse qui a frappé le centre du pays et qui a obligé Bogota à rationner l'eau dans toute la ville.

Aujourd'hui, la CAR a pris une décision intermédiaire entre la demande de l'entreprise et les revendications des habitants. Elle a accordé une extension de la concession, mais avec des réductions notables. Indega ne pourra pas continuer à exploiter trois des sept puits souterrains, réduisant ainsi la collecte de près de moitié : elle passera de 3,2 litres à 1,9 litre par seconde. Par ailleurs, l'autorité environnementale a décidé qu'elle devait réétudier le permis après cinq ans d'autorisation d'exploitation et a renforcé sa surveillance. L'entité surveillera de près la collecte de l'eau et examinera périodiquement le respect des nouvelles limites d'extraction.

Alfred Ballesteros, directeur général de la CAR, a expliqué que la décision a été prise uniquement sur la base d'arguments objectifs et a exclu toute influence politique. « C'est le résultat d'une analyse technique d'études hydrologiques réalisées pendant plusieurs mois qui nous a amené à conclure quel était le bilan hydrique », a-t-il indiqué dans une interview à Caracol Radio, dans laquelle il a précisé que les projections climatiques et les effets produits par le changement climatique ont également été pris en compte.

« Il faut garantir que l'utilisation des ressources en eau est principalement destinée à la consommation humaine. En cas de phénomène de sécheresse extrême, la collecte doit être immédiatement suspendue », a prévenu Ballesteros. La Colombie craint que le phénomène El Niño, qui frappera durement le territoire national au cours du second semestre, ne soit l'un des plus intenses. L'Institut d'hydrologie, de météorologie et d'études environnementales (Ideam) a averti que des enregistrements historiques de températures sont attendus, ce qui pourrait provoquer des pénuries d'eau et des incendies de forêt.

Le directeur général de la CAR a également souligné que cette résolution « constitue une étape importante dans la résolution des conflits socio-environnementaux en Colombie ». « C'est un exemple de la façon dont les autorités environnementales doivent prendre des décisions basées exclusivement sur des analyses techniques et des études hydrogéologiques », a-t-il ajouté dans une vidéo partagée par l'entité.

En plus des nouvelles limites, la CAR a exigé de nouvelles conditions de compensation environnementale pour la prolongation du permis. L'entité oblige l'entreprise à acquérir 53 hectares de landes pour leur conservation, à réaliser des travaux pour l'aqueduc municipal – qui n'est pas alimenté par ces puits, mais à partir d'autres sources – et à impliquer la communauté dans les programmes de conservation de la flore et de la faune de la zone.

Actuellement, l'usine d'embouteillage Coca-Cola en Colombie produit plus de 400 000 bouteilles d'eau par jour, de la marque Manantial. Avec cette décision, deux voies s'offrent à la multinationale : soit réduire les volumes, soit trouver de nouvelles sources d'eau.

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