Les doutes sur le maintien du pouvoir d’achat des fonctionnaires en 2026 compliquent les négociations salariales
Ce lundi, les ministères de la Fonction publique et des Finances n'ont pas réussi à convaincre les trois syndicats les plus représentatifs du secteur public (CC OO, UGT et CSIF) de soutenir en bloc leur proposition d'augmenter de 11% les salaires des 3,5 millions d'agents publics entre 2025 et 2028 (les deux années incluses), ils ont donc décidé de poursuivre les négociations mercredi. Le principal obstacle est que le gouvernement reste ferme à une condition : les salaires publics ne pourront augmenter que d'un maximum de 4% accumulés en 2025 et 2026, comme l'a confirmé le secrétaire général de l'Espace Public CC OO, Lucho Palazzo.
Ainsi, pour garantir le pouvoir d'achat de l'année en cours, les salaires de ces travailleurs devraient être augmentés rétroactivement de 2,5% (environ l'augmentation moyenne de l'inflation dans l'année), ce qui limiterait l'augmentation pour 2026 à seulement 1,5%. Cela entraînerait presque certainement une perte de pouvoir d’achat l’année prochaine, ce qui a empêché les syndicats de soutenir l’accord pluriannuel. Selon la secrétaire aux Services Publics de l'UGT, Isabel Araque, les syndicats ont proposé de déplacer à 2026 un demi-point de l'augmentation de 7% qui correspondrait à 2027 et 2028, mais les négociateurs exécutifs l'ont rejeté. Cependant, du côté positif, Araque a souligné que la Fonction Publique a accepté qu'aucune partie de l'augmentation salariale ne soit liée au respect de conditions variables comme l'IPC ou le PIB, de sorte que l'augmentation de 11% après quatre ans serait pleinement garantie.
De son côté, le syndicat des fonctionnaires CSIF a insisté sur la nécessité de prolonger les négociations au-delà de ce lundi et estime qu' »il y a des marges d'amélioration » pour « aspirer au meilleur accord possible ». Ce centre veille à ce que des améliorations aient été apportées au texte concernant les permis, la promotion interne, l'amélioration de l'assistance à Muface, l'emploi ou la classification professionnelle, ainsi que l'engagement de supprimer totalement les frais de remplacement. Le CSIF consultera ses organes de direction sur sa position concernant cet accord.
Des sources de négociation ont indiqué que l'intention du Gouvernement était d'obtenir l'approbation des centres pour cette offre salariale pour l'approuver ce mardi en Conseil des ministres et pouvoir payer l'augmentation 2025 rétroactivement avec effet au 1er janvier dans les masses salariales de décembre. Cependant, les syndicats rejettent catégoriquement la limitation de 4 % en 2025 et 2026 et estiment qu’il est possible de poursuivre les négociations et de parvenir à un accord qui sera approuvé lors d’un prochain Conseil des ministres. Mais la pression gouvernementale a été telle que les responsables gouvernementaux sont allés jusqu'à exhorter les représentants syndicaux à, si nécessaire, consulter toute la nuit leurs instances dirigeantes pour apporter une réponse avant le conseil des ministres de ce mardi.
L'alternative de l'Exécutif à son offre, telle qu'elle a été examinée lors de la réunion de ce lundi, était de ne pas augmenter du tout les salaires publics (pas même en 2025 de manière rétroactive) et de s'appuyer sur de futures augmentations de salaires dans les budgets généraux de l'État, dont les chances d'être approuvées sont très minces. Dans ce cas, les syndicats ont déjà prévenu qu'en l'absence d'améliorations salariales, ils appelleraient à une grève générale dans tout le secteur public en décembre.
Vendredi dernier, en fin d'après-midi, l'optimisme régnait parmi certains négociateurs gouvernementaux et syndicaux quant à la conclusion d'un nouvel accord sur les salaires et l'emploi. Toutefois, cet optimisme ne s’est pas facilement cristallisé en un accord. Le ministère de la Fonction publique avait déjà lancé un ultimatum aux CC OO, UGT et CSIF jeudi de la semaine dernière : l'augmentation des salaires entre 2025 et 2028 serait de 11% en cumulé et ils avaient appelé les centres à fixer leur position ce lundi. La réponse de la majorité syndicale a été négative quant à la répartition des augmentations tout au long des quatre années de l'accord et elle espère continuer les négociations pour modifier cette question.
