Les États-Unis concluent un accord avec la République démocratique du Congo pour expulser les migrants de pays tiers
Les gouvernements des États-Unis et de la République démocratique du Congo (RDC) ont conclu un accord pour l'expulsion des migrants de pays tiers depuis ce pays nord-américain, a rapporté dimanche le ministère congolais de la Communication. Les expulsions débuteront en avril prochain, dans ce que Kinshasa a décrit comme un « dispositif d’accueil temporaire » qui sera « réalisé dans le respect de la souveraineté nationale et des exigences de sécurité intérieure », et non un « mécanisme de relocalisation permanent » ni une « externalisation des politiques migratoires », comme le publie le ministère sur son compte de réseau social X.
COMMUNIQUÉ
Le #RDC Met in work, dès avril 2026, un dispositif d'accueil temporaire des ressortissants de country tiers, dans le cadre d'un partenariat avec les États-Unis.Ce mécanisme, sans impact sur le Trésor public, s'inscrit dans le respect de la souveraineté nationale, des… pic.twitter.com/C76RXdkixP
— Ministère de la Communication et Médias/RDC (@Com_mediasRDC) 5 avril 2026
Kinshasa a assuré que le pays africain n'assumerait pas le poids financier des expulsions. « La gestion logistique et technique du dispositif sera assurée par le gouvernement américain à travers des structures spécialisées dans les mouvements de personnes à travers le monde, qui traitent aussi bien des migrations régulières que des déplacements forcés », a ajouté le ministère congolais.
Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier de l’année dernière, le président américain Donald Trump a encouragé les expulsions expresses et, à cette fin, a signé des accords avec plusieurs pays, dont le Salvador, l’Eswatini (l’ancien Swaziland), le Ghana, le Rwanda, l’Ouganda, le Soudan du Sud et la Guinée équatoriale, pour l’expulsion des immigrants sur le sol américain. Dans le cadre de sa campagne d’expulsions massives et dans le plus grand secret, l’administration Trump a fait pression sur au moins 30 gouvernements africains pour qu’ils acceptent d’accueillir des migrants, selon une enquête menée par ces pays et des informations qui leur sont parvenues.
Les organisations de défense des droits de l'homme ont appelé les pays africains à rejeter les accords d'expulsion signés avec les États-Unis et ont dénoncé le fait que les accords existants exposent des centaines de personnes à des risques de détention arbitraire, de mauvais traitements et de retour forcé vers des pays où elles pourraient être persécutées ou torturées.
Au milieu de la polémique sur les expulsions massives, qui a également été critiquée par l'Union africaine en reprochant aux États-Unis d'externaliser la gestion des migrations vers des pays ayant moins de ressources, la RDC a défendu qu'aucun transfert automatique n'est prévu et que chaque cas sera examiné individuellement, conformément aux lois du pays et à sa sécurité nationale. Le gouvernement congolais a indiqué qu'il aura « un contrôle total » sur les décisions concernant l'admission, les conditions de séjour, le retrait du statut temporaire et les mécanismes de retour.
Les migrants expulsés des États-Unis seront transférés vers des infrastructures situées dans la zone métropolitaine de Kinshasa, dans le but de garantir « un suivi administratif, sécuritaire et humanitaire efficace », comme le détaille le communiqué.
Des centaines de millions de dollars dépensés
L'accord, dont les négociations ont été avancées samedi par Efe, coïncide avec un rapprochement entre les deux pays pour mettre fin au conflit dans les provinces de l'est du Congo entre l'armée de la RDC et les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), soutenus par le Rwanda. Depuis 1998, l'est de la RDC est embourbé dans un conflit alimenté par de nombreuses milices rebelles et l'armée, malgré la présence de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco).
La reprise des vols d'expulsion des États-Unis vers des pays tiers a été activée après que la Cour suprême a autorisé Trump à procéder à ces expulsions en juin dernier, un triomphe pour sa politique dure contre l'immigration. Un rapport publié en février dernier par les démocrates qui composent la commission des relations étrangères du Sénat américain montre que Washington a dépensé plus de 40 millions de dollars (environ 33,8 millions d'euros) pour expulser 300 immigrants vers des pays tiers l'année dernière.
