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L'INE confirme que l'inflation d'octobre a été la plus élevée de l'année en raison de l'électricité et des transports

Il n’y a pas eu de surprises : les prix ne faiblissent pas. L'Institut National de la Statistique (INE) confirme que l'inflation a augmenté de 3,1% en octobre, le niveau le plus élevé de toute l'année et un dixième de plus qu'en septembre, selon les données définitives publiées vendredi. Cette hausse est en grande partie due à l'augmentation du coût de l'électricité, des vols internationaux et du transport ferroviaire, et reflète la forte hausse enregistrée par les œufs, suite à l'épidémie de grippe aviaire, et par la collecte des déchets après l'approbation du nouveau tarif des ordures.

La hausse des prix est partiellement compensée par la baisse des forfaits touristiques après la fin de la saison et des prix des carburants, qui reflètent la modération des prix du baril de pétrole. L'indice sous-jacent, qui exclut les éléments les plus volatils comme l'énergie et les produits frais, s'élève à 2,5%, soit un dixième de plus qu'il y a un mois.

L'INE avait déjà avancé il y a deux semaines les données d'octobre. Le record final confirme l'accélération des prix, qui sont désormais sur une tendance à la hausse depuis cinq mois et n'avaient plus atteint de tels niveaux depuis juin de l'année dernière. Les tensions viennent de plusieurs fronts. Depuis la panne, les prix de l’électricité ont atteint des niveaux plus élevés qu’il y a un an, les services exercent une pression plus forte que prévu et l’inflation alimentaire ne ralentit pas.

Parmi les grands groupes de biens et services analysés, l'organisme précise que le logement a été la catégorie qui a connu le plus grand rebond, avec une augmentation de quatre dixièmes, jusqu'à 7,5%, en raison de la hausse de l'électricité. La catégorie qui regroupe les restaurants et hôtels a augmenté de 4,4%, tandis que l'alimentation et les boissons non alcoolisées ont augmenté de 2,4%, bien qu'avec une grande hétérogénéité selon les produits.

Comme prévu, les œufs sont devenus les principaux protagonistes de cette augmentation. C'est l'aliment qui est devenu le plus cher en octobre, avec une augmentation à deux chiffres sur un an de 22,5%, conséquence de l'épidémie de grippe aviaire qui oblige des centaines de milliers d'oiseaux à être confinés et abattus pour que le virus ne se propage pas. Toutefois, la viande la plus chère n'est pas la volaille, mais le bœuf, qui a augmenté de 17,8 %. Les autres aliments qui ont enregistré des augmentations de plus de 10% en octobre sont le café (19,4%), le chocolat (16,1%), les huiles autres que l'olive (15,3%), le cacao et le chocolat en poudre (12,7%).

L’huile d’olive, en revanche, maintient sa tendance à la baisse. Après avoir été l'un des produits les plus chers à cause de la poussée inflationniste survenue au milieu de l'année 2021, il se retrouve désormais en bas du tableau : c'est l'alimentation qui est devenue moins chère en octobre, avec une baisse de 41,6% sur un an. Le sucre et les pommes de terre ont également enregistré des baisses marquées, de 13,5% et 3,4% respectivement, tandis que le pain, les légumineuses et les légumes frais sont restés stables, avec des hausses inférieures à 1%.

Si l'on démêle chacune des catégories considérées par l'INE pour analyser l'évolution des prix, l'augmentation la plus marquée est observée dans le ramassage des ordures. Le nouveau tarif entré en vigueur cette année a fait monter en flèche le coût du service, qui a connu une augmentation de 30,3%, la plus élevée de toutes les statistiques. La deuxième place est occupée par les bijoux et bijoux fantaisie (26,8%). Ils sont suivis, dans cet ordre, par le transport combiné de voyageurs (26,7%), les œufs et le café, l'électricité (18,7%), le transport de voyageurs par train (17,9%) et le bœuf, les chocolats et les huiles autres que l'olive précités. A l’opposé, l’huile d’olive, le sucre et les forfaits touristiques nationaux ont connu les plus fortes baisses (-6,4%).

Par communauté autonome, les augmentations les plus importantes ont été enregistrées dans les Îles Baléares et dans la Communauté de Madrid, dans les deux cas de 3,6%. La Communauté valencienne, Ceuta, l'Andalousie, la Cantabrie et le Pays basque ont également présenté des taux supérieurs à la moyenne nationale. À l'extrême opposé se trouve Murcie, avec le taux le plus bas de tout le territoire, 2,2 %.

Les données de l’INE confirment que le processus désinflationniste est au point mort. La modération des prix a progressé à un rythme soutenu depuis les sommets atteints en 2022 (au-dessus de 10 %), à la suite de l’invasion russe de l’Ukraine, mais les derniers kilomètres sont plus difficiles à parcourir. Paradoxalement, la vigueur de l’économie n’aide pas non plus le marché à se calmer. L'activité croît à un rythme soutenu, de 0,6% au troisième trimestre, tirée par l'investissement et la demande intérieure, en expansion grâce à l'amélioration des salaires et à un marché du travail au maximum d'adhésion, stimulé par une population qui augmente grâce à l'immigration.

Dans la zone euro, en revanche, les prix se sont modérés en octobre, selon les dernières données provisoires publiées par l'Office européen des statistiques Eurostat. L'inflation a été ramenée à 2,1%, soit un dixième de moins qu'en septembre. Le résultat est conforme au taux de référence de la Banque centrale européenne (BCE) et conforte les baisses de taux inaugurées par l'organisation dirigée par Christine Lagarde.

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