Sept chefs d'État, dirigeants politiques et hommes d'affaires débattent cette semaine à Panama du futur agenda pour l'Amérique latine
L'Amérique latine cherche sa place dans le nouvel ordre mondial. À cet effet, sept chefs d'État, un président élu, des ministres de l'Économie et des Finances et plus de 2 500 hommes d'affaires, dirigeants politiques, représentants d'organisations internationales et experts débattront entre mercredi et jeudi à Panama, dans le cadre du Forum économique international Amérique latine et Caraïbes 2026. L'hôte de l'événement, officieusement considéré comme un Davos latino-américain en raison de sa dimension, est la CAF-Banque de développement d'Amérique latine et des Caraïbes, en collaboration avec Grupo Prisa (éditeur d'EL COUNTRY), à travers le forum World in Progress (WIP), qui verra, entre autres, la participation de son président, Joseph Oughourlian ; son vice-président, Fernando Carrillo, et le directeur d'Jiec, Jan Martínez Ahrens. En plus de ces interventions, trois membres du Conseil consultatif du WIP, Julissa Reynoso, Josep Borrell et Juan Manuel Santos, participeront au forum.
En faisant sauter les ponts du multilatéralisme par les États-Unis, le Forum servira à mettre en valeur le potentiel d’une région désireuse de trouver une voie alternative à l’agenda imposé par la Maison Blanche, qui a une fois de plus considéré l’Amérique latine comme son « arrière-cour » après des décennies de distance stratégique étudiée.
Le président exécutif de la CAF, Sergio Díaz-Granados, cédera la place mercredi matin à un débat sans précédent de plus de deux heures entre dirigeants latino-américains de différentes couleurs politiques. L’agenda imposé par la nouvelle politique internationale est tellement urgent et ambitieux. Les présidents du Panama, José Raúl Mulino, ont dit oui à la réunion ; du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva ; de Bolivie, Rodrigo Paz ; de Colombie, Gustavo Petro ; de l'Équateur, Daniel Noboa ; du Guatemala, Bernardo Arévalo ; du Chili (élu), José Antonio Kast, et du Jamaïcain Andrew Holness.
La ministre de l'Économie et des Finances de l'Équateur, Sariha Moya, et son homologue bolivien, José Gabriel Espinoza Yáñez, participeront également aux panels du Forum. Les lauréats des prix Nobel d'économie 2024, James Robinson, et 2025, Philippe Aghion, partageront leurs visions sur le développement, les institutions, l'innovation et la croissance économique.
L'ouverture de la deuxième journée sera confiée au maire de Panama City, Mayer Mizrachi, et au président du Grupo Prisa, Joseph Oughourlian. Trois membres du Conseil consultatif du WIP participeront également au Forum : l'ancienne ambassadrice des États-Unis en Espagne Julissa Reynoso, l'ancien chef de la diplomatie européenne Josep Borrell et l'ancien président colombien Juan Manuel Santos. Jan Martínez Ahrens, directeur d'Jiec, s'exprimera quant à lui lors d'une des séances avec le président bolivien, Rodrigo Paz.
L'intention du Forum est de devenir un événement incontournable dans le calendrier des grands événements régionaux. Lors de l'appel précédent, quelque 2 000 personnes ont participé, plus de 150 dirigeants mondiaux de 15 pays, 50 panels et sessions spéciales ont été organisés et quelque 350 000 personnes ont participé. Comme à cette occasion, le Forum pourra être suivi en direct dans les titres du journal Jiec et à travers ses réseaux sociaux.
L'ordre du jour du Forum abordera des questions telles que la croissance économique et la stabilité macroéconomique, la transition énergétique et climatique, la transformation numérique, l'investissement productif et la cohésion. Sergio Díaz-Granados, président exécutif de la CAF, a qualifié la réunion de « coopérative de et pour les Latino-Américains » qui accélère les solutions les plus urgentes dans un monde qui avance à toute vitesse vers un nouvel ordre mondial. « Habités par plus de 650 millions de personnes, propriétaires de 15% de la surface terrestre et d'une biodiversité incomparable, nous sommes une source indispensable de solutions aux grands défis mondiaux », a écrit le Colombien dans une tribune d'Jiec. « Ce potentiel coexiste actuellement avec un contexte mondial marqué par la montée de l'unilatéralisme et de la fragmentation. C'est pourquoi nous avons besoin que l'Amérique latine et les Caraïbes génèrent de nouveaux espaces de réflexion qui l'aident à aligner ses positions, à ajouter une importance géopolitique et à devenir une région avec sa propre voix pour apporter des solutions concrètes », a-t-il déclaré.
En parallèle des séances, la CAF a organisé une rencontre pour rassembler les participants, inspirée du concept du speed dating : des échanges de 25 minutes entre les participants. Lors de la Table ronde des entreprises d'Amérique latine et des Caraïbes, 150 acheteurs internationaux pourront s'asseoir devant 300 exportateurs latino-américains lors de plus de 4 000 réunions individuelles conçues pour relier l'offre régionale à la demande mondiale. « Il est un point essentiel pour cette réunion et nous aurons un leader pour faciliter les nominations et du personnel spécialisé pour le guider », a commenté Andrés Zamora, directeur de la communication stratégique de la CAF, en octobre dernier, lors de la présentation du Forum. L'appel était ouvert aux entreprises des secteurs stratégiques tels que l'agroalimentaire, l'industrie manufacturière, le textile, la chimie, les sciences de la vie et les services technologiques.
Le Forum a une avant-première ce mardi, avec un espace qui promeut le potentiel culturel et artistique de l'Amérique latine et des Caraïbes. Parmi les principaux objectifs figurait la préparation d'un document contenant les contributions et les propositions issues du dialogue, ainsi que des recommandations pour de futures initiatives et politiques culturelles.
