Bruxelles approuve un paiement partiel à l'Espagne pour le sixième décaissement du plan de relance

Bruxelles approuve un paiement partiel à l'Espagne pour le sixième décaissement du plan de relance

La Commission européenne a donné son accord partiel à l'Espagne pour recevoir le sixième paiement du plan de relance. Cela entraînera, lorsque le Conseil de l'UE donnera son approbation finale, des transferts de 5,668 millions d'euros, soit 537 millions de moins que ce qui correspond à cette tranche. 1,051 millions de prêts arriveront également. La réduction est due au fait que l'Espagne n'a pas encore respecté trois des engagements accordés pour ce paiement, comme l'explique l'exécutif européen lui-même, qui donne un mois au gouvernement pour présenter ses allégations.

À ces montants, qui entre subventions et prêts s'élèvent à 6,719 millions, il faut ajouter que Bruxelles a également donné son aval partiel à d'anciens engagements que l'Espagne n'avait pas encore remplis, correspondant au déblocage de 302 millions. Au total, la Commission a approuvé la livraison à l'Espagne de 7,021 millions d'euros.

Une fois cette procédure terminée à l'Ecofin, l'organisme qui rassemble les ministres de l'Économie et des Finances de l'UE, l'Espagne aura reçu quelque 61 milliards d'euros de subventions et plus de 17 milliards d'euros de prêts du plan de relance, l'injection massive de fonds que Bruxelles a lancée pour relever l'économie européenne après le coup de la pandémie. Et il restera encore le dernier versement à demander, qui dépasse les 25 milliards : 21 milliards de subventions et 5 600 de prêts. Ce sera un défi pour les exécutifs espagnols et européens, puisque la date limite pour mettre en œuvre les réformes et les investissements se termine le 31 août et que le 30 septembre est la date limite pour demander l'argent.

Concernant ce sixième paiement, la Commission explique que l'Espagne a atteint les 51 jalons fixés pour cette tranche, mais a laissé trois objectifs en suspens – avec des jalons et des objectifs, Bruxelles fait référence aux investissements et aux réformes engagés par les États membres pour débloquer les paiements du plan. Concrètement, il détaille qu'il a atteint 64 des 67 objectifs fixés, auxquels ont été soustraits 537 millions d'euros de subventions.

Les trois engagements en suspens, précise l'Exécutif communautaire dans une note, font référence à des investissements dans la formation professionnelle bilingue, les services de téléassistance et des projets de soutien aux populations vulnérables, à l'entrepreneuriat et aux microentreprises. L'Espagne dispose désormais d'un mois pour présenter ses observations. Passé ce délai, si la Commission confirme la décision de maintenir la réduction de paiement, le Gouvernement disposera de six mois pour agir et corriger les manquements signalés par Bruxelles.

Ce n'est pas la première fois que la Commission réduit les fonds destinés à l'Espagne pour non-respect des obligations assumées. Cela s'est produit lors du précédent paiement du plan de relance, le cinquième, auquel ont été soustraits 1,1 milliard d'euros pour ne pas avoir mis en œuvre toutes les réformes auxquelles il s'était engagé pour recevoir l'aide. Dans ce cas, la réduction a été appliquée parce que le gouvernement n’a pas réussi à assimiler la taxation du diesel à celle de l’essence, qu’un jalon lié à la numérisation des communautés et des municipalités n’a pas été atteint et que les fonctionnaires intérimaires n’ont pas été correctement rémunérés.

Une partie de ces non-conformités ont désormais été corrigées et l'Espagne recevra, en plus de ce sixième paiement, 25 millions d'euros supplémentaires pour l'étape liée à la numérisation des entités régionales et locales. La Commission a également décidé de débloquer 277 millions liés à l'étape fiscale, même si le gouvernement n'a pas encore augmenté les taxes sur le diesel pour les aligner sur celles sur l'essence.

D'autre part, parmi les principales étapes et objectifs atteints pour le déblocage de ce sixième volet figurent ceux mis en œuvre en matière de mobilité durable et de décarbonation, comme la Loi Mobilité Durable. Des actions en matière de logement entrent également dans ce paquet, par exemple la création de l'entreprise publique Casa 47, l'extension et la rémunération des permis de naissance et de soins, ou encore la création de plus d'une cinquantaine de centres de soins pour les victimes de violences sexuelles. De même, se distinguent l'exécution de 2,242 millions d'euros d'investissements destinés à la transformation industrielle, canalisés en grande partie à travers le PERTE, et la création de la nouvelle Agence pour l'évaluation des politiques publiques et de la qualité des services.

L'Espagne avait demandé le sixième versement en mars dernier, après avoir négocié avec Bruxelles une modification des jalons et des objectifs contenus dans son plan de relance, dans le but d'accélérer le déblocage des dernières subventions en attente de collecte. Avec ce changement, elle a également renoncé à 75 % des crédits qu'elle avait alloués pour se concentrer exclusivement sur l'aide non remboursable dans la dernière partie du mécanisme, qui s'achèvera en août prochain.

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