EL PAÍS

Le gouvernement Kast promeut que les adolescents de 16 et 17 ans soient jugés comme des adultes pour des délits graves

Le gouvernement de José Antonio Kast a annoncé jeudi qu'il discuterait immédiatement d'un projet de loi afin que les adolescents âgés de 16 et 17 ans puissent être jugés comme des adultes lorsqu'ils sont accusés de l'un des délits les plus graves du Code pénal, à condition que le parquet le demande et qu'un juge l'autorise. L'initiative, qui durcit le régime de responsabilité pénale des adolescents, intervient après l'assassinat d'Alejandro Águila, le garçon de 12 ans décédé lors d'un assassinat à San Bernardo. Six personnes ont été arrêtées pour ce crime, dont deux adolescents de 17 ans, inculpés de vol avec violence, vol avec homicide et vol avec intimidation.

Un jour après la mort d'Águila, l'Exécutif a mis l'urgence dans l'étude du projet de loi visant à durcir les peines établies dans la loi sur la responsabilité pénale des adolescents, présenté en 2022 par le député et actuel sénateur Andrés Longton, de la droite traditionnelle. « Pendant trop longtemps, le Chili a affaibli l'autorité et relativisé la violence. Le rétablissement de l'ordre ne dépend pas seulement d'une loi, mais il exige que l'État réponde à nouveau avec fermeté lorsque des crimes graves sont commis », a écrit le ministre de la Sécurité, Martín Arrau, sur son compte X ce mercredi soir.

Les modifications proposées par le gouvernement Kast au projet de loi, déjà en deuxième instance constitutionnelle au Sénat, comprennent quatre piliers : permettre que les mineurs entre 16 et 18 ans soient jugés comme des adultes si le parquet le demande et qu'un juge l'autorise, dans une liste de 17 délits considérés comme les plus graves. La deuxième est la suppression du bénéfice d'une conduite antérieure irréprochable pour ceux qui, en tant que mineurs, ont été reconnus coupables de l'un des crimes de cette liste et qui récidivent plus tard à l'âge adulte. Le troisième est d'augmenter la limite maximale des peines applicables aux adolescents de moins de 16 ans qui commettent l'un des délits envisagés dans l'initiative, en la portant à 10 ans (actuellement il y en a cinq). Et la quatrième est que, lorsque l'adolescent aura 18 ans, le tribunal devra obligatoirement ordonner son transfert dans une prison pour adultes administrée par la gendarmerie chilienne, à condition que le rapport du Service national de réinsertion le recommande.

Le catalogue des 17 délits comprend : l'enlèvement, le viol, les abus sexuels qualifiés, le parricide, l'homicide simple et qualifié, le vol qualifié, avec violence et intimidation, l'incendie criminel ayant entraîné la mort ou des blessures, l'incendie criminel, la possession ou le placement d'engins explosifs, l'homicide et les blessures contre des agents des Carabiniers, de la Police Investigatrice (PDI) et de la Gendarmerie, en plus de tout autre délit passible de la réclusion à perpétuité.

Le père d'Alejandro Águila, Fabio, a demandé la semaine dernière au gouvernement Kast de promouvoir l'appel à l'augmentation des sanctions pour les participants à ce type d'agressions violentes – qui sont commises en groupe – et ainsi à respecter les peines de prison effectives sans circonstances atténuantes permettant de réduire les peines. « Il est nécessaire de revoir la loi sur la responsabilité des adolescents, car aujourd'hui elle n'apporte pas de réponse équitable à des crimes d'une telle gravité », a-t-il déclaré. Kast a déclaré qu'il serait prêt à soutenir l'initiative.

D'autres initiatives en parallèle

Le Gouvernement a également accordé une grande urgence au projet qui criminalise le recrutement d'enfants ou d'adolescents par des associations criminelles pour commettre des délits. La motion, déposée en juin 2025 et actuellement en deuxième procédure constitutionnelle à la Chambre des députés, est promue par un groupe transversal de parlementaires du Parti communiste au Parti national libertaire. Le projet établit que le consentement du mineur n'exonère pas l'adulte recruteur de sa responsabilité. De son côté, le siège de l'Union Démocratique Indépendante (UDI, de droite traditionnelle) a demandé cette semaine de mettre en urgence un projet de 2018 qui abaisse l'âge de la responsabilité pénale à 13 ans et permette aux personnes de plus de 16 ans qui récidivent ou qui participent à des délits à haute connotation sociale d'être punies comme des adultes.

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