La restauration de l’incendie de Niebla coûtera 404 millions

Rétablir l’incendie de Niebla coûtera 404 millions d’euros et exigera au moins 20 ans de travaux pour restaurer les sols, la végétation et les infrastructures.

Les spécialistes en restauration forestière ont évalué les dommages causés par l’incendie de Niebla, près d’Huelva, et estiment que la remise en état complète nécessitera un investissement supérieur à 400 millions d’euros sur au moins 20 ans. L’Association Forestale Andalouse avertit de l’urgence d’agir, en rappelant aux autorités que 40 % de la zone brûlée à Niebla avait déjà été touchée par un autre incendie en 2004.

Le plan qu’ils ont élaboré prévoit des mesures pour freiner l’érosion, replanter au moins 40 % du terrain et protéger des réservoirs d’importance, tels que celui du Corumbel Bajo. Ils proposent également d’allouer des crédits pour réparer les infrastructures endommagées pendant l’incendie et exigent que la gestion forestière améliore les dispositifs de prévention et d’extinction afin d’éviter d’autres catastrophes.

Rétablir l’incendie de Niebla coûtera 404 millions

Des experts en restauration forestière ont visité la zone touchée par l’incendie de Niebla (à Huelva) au cours du mois d’août dernier et ont évalué l’ensemble des mesures nécessaires après l’événement, estimant que le coût des travaux dépassera les 400 millions d’euros et s’étalera sur au moins les 20 prochaines années.
Ils l’ont fait à l’invitation de l’Association Forestale Andalouse (AFA), entité qui estime qu’il est « urgent d’entreprendre dès maintenant les travaux de restauration, tant pour atténuer les conséquences sur le sol à court terme que pour tenter de reconquérir les paysages et la couverture végétale. Également pour donner de l’espoir à toute la région affectée », ont-ils précisé dans un communiqué.
Environ 40 % des terrains touchés avaient déjà souffert l’incendie des Mines de Riotinto (2004), ce qui fait que le sinistre récent a détruit une grande partie des zones qui avaient été restaurées après cette précédente occasion.
Pour l’AFA, « la détérioration du dispositif INFOCA, les carences de la gestion forestière et l’abandon progressif de la prévention ont contribué à ce que l’histoire se répète. Nous devons tirer les leçons de cette expérience ».
Après cette visite de la zone affectée, des experts venus de toute l’Andalousie ont établi un premier diagnostic et une évaluation des besoins de restauration, concluant qu’il est nécessaire d’aborder ces travaux en considérant au moins cinq volets différents.
Le premier de ces volets comprend les mesures d’urgence visant à prévenir l’érosion pour protéger les sols de la zone incendiée et éviter des ruissellements qui pourraient endommager des infrastructures stratégiques, comme le réservoir du Corumbel Bajo. Le coût estimé pour ce premier volet est de 90 millions d’euros.
Deuxièmement, il faudra s’attaquer à la gestion de la végétation incendiée, ce qui nécessitera un montant de 29 millions; troisièmement, la restauration de la végétation par semis et/ou plantations, estimant qu’il faudra intervenir sur au moins 40 % de la surface touchée par l’incendie pour un coût d’environ 96 millions.
Après la restauration, il sera nécessaire d’effectuer des soins culturels et l’entretien des nouvelles couvertures végétales pendant une période d’au moins 20 ans, ce qui mènera les espaces forestiers vers un état proche de la maturité. Cela coûtera environ 110 millions.
La récupération des zones incendiées implique également la restauration des infrastructures routières et d’élevage affectées, sans lesquelles il n’est pas possible de gérer durablement la montagne. Cette rubrique représentera 20 millions supplémentaires.
Enfin, on prévoit un chapitre de 59 millions destiné à la rédaction de projets, à la direction des travaux, au suivi, aux travaux de recherche et à la promotion de la biodiversité.
Pour l’AFA, cet exemple montre que même dans le cadre des incendies forestiers, « prévenir vaut mieux que guérir »; par conséquent ils estiment qu’il est urgent de miser sur un dispositif d’extinction efficace et une gestion du territoire qui rendent nos massifs moins vulnérables face aux incendies.

A lire également