Enlèvement à Alicante : un homme à qui quatre chiots pitbull avaient été volés est battu pendant 72 heures contre une rançon de 68 000 euros
Une organisation criminelle prête à récolter une rançon de 800 000 couronnes norvégiennes (environ 68 000 euros), un homme kidnappé et battu pendant 72 heures à Alicante et quatre chiots pitbull. Les agents du groupe d'enlèvement et d'extorsion de la Police sont habitués à travailler sous pression, mais le cas dans lequel ils ont dû agir en urgence le 9 décembre leur a laissé une série d'images curieuses, comme celle de voir les principaux suspects changer furtivement certains chiens pour éviter d'être découverts.
Après trois jours effrénés, la police a réussi à libérer la personne kidnappée, un Norvégien de 46 ans, et à arrêter quatre membres de l'organisation criminelle suédoise Dalen, liée au trafic de drogue et au trafic d'armes. L'argent que réclamaient les ravisseurs pourrait être une dette, affirme un agent de l'opération. N'y parvenant pas, ils ont accru la violence, jusqu'à menacer de tuer la personne kidnappée. Trois des personnes arrêtées ont été placées en détention provisoire.
Il y a d'abord eu les chiens 🐕
Ensuite, la victimeDans #Alicantele @police libère en moins de 72 heures un homme kidnappé par l’organisation criminelle suédoise « Dalen »
Vidéos, menaces et rançon millionnaire… jusqu'à ce que la police frappe à la porte🚔🚪 pic.twitter.com/mCgh2yfUvX
– Police nationale (@policia) 22 janvier 2026
Pour obtenir les 800 000 couronnes norvégiennes, les ravisseurs ont commencé par prendre quatre chiots à la victime, selon des sources policières. Comme il refusait de les payer, ils l'ont agressé alors qu'il se trouvait dans le duplex d'un ami à Orihuela et l'ont emmené de force. Le « numéro de téléphone 24 heures sur 24 » de la section enlèvements et extorsions du Commissariat général de la police judiciaire a été informé de ce qui se passait et a envoyé une équipe sur place.
Dans les heures qui ont suivi, un compte à rebours a été activé pour libérer la personne kidnappée vivante. Les suspects ont commencé à envoyer à la famille et aux amis de la victime des vidéos enregistrées avec des téléphones portables, dans lesquelles on voyait l'homme kidnappé lui-même, montrant des signes d'avoir été battu. Un important déploiement de police, à l'occasion d'un règlement de compte d'un citoyen britannique qui faisait l'objet d'une enquête de la Garde civile et qui n'avait rien à voir avec l'enlèvement, a bouleversé les ravisseurs et les agents. Les suspects pensaient avoir été découverts et se lançaient à leur poursuite. Les agents ont affirmé que la victime était décédée, précise un agent proche de l'enquête. Dans cet état nerveux, les ravisseurs ont décidé d'emmener la victime chez lui, à San Pedro del Pinatar (Murcie), mais pas avant de l'avoir menacé pour qu'il ne bouge pas de là. « Ils lui ont dit que s'il quittait la maison, ils le tueraient, et il n'a pas bougé de là », ajoute l'agent.
Les agents ont localisé la maison et trouvé la victime du kidnapping. Ils l'ont gardé en sécurité et l'ont emmené dans un centre de santé, où ils ont soigné une série de contusions sur son visage et sa poitrine. Ils se sont ensuite lancés à la poursuite des suspects. Ils ont été arrêtés sur le parking d'un centre commercial d'Alicante. « Êtes-vous policier ? » » a demandé l’un d’eux aux agents. Quand ils ont répondu oui, ils se sont calmés. « Dieu merci! » leur ont-ils dit. « S'il était devenu membre d'un gang rival, la situation aurait été très différente », soulignent les sources de l'enquête.
L'une des personnes arrêtées portait à ce moment-là les mêmes baskets qu'il utilisait pour marcher sur la tête de la victime dans les vidéos envoyées aux proches et une autre la documentation, comme l'a rapporté ce jeudi la police dans un communiqué.
Le groupe criminel Dalen, également connu sous le nom de Dalennätverket, opère dans le sud de Stockholm, où il combat avec d'autres organisations. Son chef, Mikael Michalis N., alias , a été arrêté le 11 octobre à Quintana Roo, dans le sud-est du Mexique. Les autorités suédoises le recherchaient pour trafic d'armes, drogue et blanchiment d'argent. Les sources consultées estiment que les personnes arrêtées pour cet enlèvement, enquêté dans le cadre de l'opération, « profitaient de la zone ». Ils occupaient des logements en location, ce qui rendait difficile leur localisation par les enquêteurs. Outre les agents du Commissariat Général de Police Judiciaire, des agents de l'Unité Drogue et Crime Organisé (Udyco) et de la Brigade Provinciale d'Alicante ont participé à l'opération.
Les détenus ont été mis à la disposition de l'autorité judiciaire comme présumés responsables des délits d'enlèvement, de vol avec violence et intimidation, de blessures et d'appartenance à une organisation criminelle.
Jusqu'en septembre 2025, selon les dernières données statistiques rendues publiques par le ministère de l'Intérieur, 87 enlèvements avaient été enregistrés en Espagne, dont sept à Alicante. L'Andalousie (34), la Catalogne (10) et la Communauté valencienne (9) sont les régions dans lesquelles le plus grand nombre de cas ont été signalés. Par rapport à la même période l’année dernière, les enlèvements ont augmenté de 17 %.
