Iberia et les syndicats clôturent l'accord volontaire ERE pour 996 salariés
Iberia et la représentation syndicale ont signé ce lundi l'accord final pour la mise en œuvre d'un Fichier de Réglementation de l'Emploi (ERE) de nature strictement volontaire qui touchera 996 travailleurs, soit environ 9,4% de l'effectif total. L'accord, qui conclut après des semaines de négociations, fixe les conditions de départ de 753 employés au sol, 137 membres d'équipage de cabine (TCP) et 106 pilotes. La direction de la compagnie aérienne, intégrée au groupe IAG, a lié la mesure aux besoins d'optimisation organisationnelle après la reconfiguration du marché Madrid-Barajas.
Les conditions définitives de l'accord améliorent les termes discutés lors de la négociation, qui stagnait sur le pourcentage de rémunération des préretraites. Le texte actuel instaure un versement de 80 % du salaire net pour les salariés qui optent pour le départ volontaire, contre les 75 % initialement proposés par l'entreprise. Il prévoit un congé incitatif pour les moins de 60 ans pour tous les groupes d'une durée de 35 jours, avec un maximum de 30 mensualités et un minimum d'une annuelle ; et des retraites anticipées à partir de 61 ans pour les pilotes au sol et 58 ans pour les TCP, avec 80 % du salaire réglementaire.
L'accord a été conclu avec les syndicats de vol Sepla, Sitcpla, Stavla, Candidatura Independiente, UGT et CC OO, ainsi qu'avec les syndicats de terrain CCOO, UGT et Asetma (92% des sections syndicales).
Le programme de départs volontaires repose sur deux axes financiers principaux : la retraite anticipée et les congés incitatifs. Pour le personnel au sol et les pilotes, l'âge d'accès à la retraite anticipée a été fixé à 61 ans, tandis que pour le personnel de cabine (TCP) il est ramené à 58 ans, compte tenu des spécificités de leur régime d'emploi et de cotisation. Dans les deux cas, l'accord garantit 80 % du salaire net réglementaire jusqu'à 65 ans.
Pour les travailleurs de moins de 60 ans qui n’atteignent pas les seuils de retraite anticipée, l’entreprise a mis en place un régime d’arrêt de maladie incitatif. L'indemnisation de 35 jours par an travaillés représente une prime par rapport aux 20 jours par an fixés par la législation en vigueur pour les licenciements collectifs pour motifs économiques ou productifs. La limite de 30 mensualités fait office de plafond maximum, même si la mise en place d'une rente minimale protège les salariés ayant moins d'ancienneté dans l'entreprise.
La répartition par domaines opérationnels reflète le poids des services au sol dans la restructuration. Les 753 postes concernés dans ce segment correspondent principalement aux domaines de la maintenance et des services corporatifs. Des sources proches des négociations ont indiqué que cet ajustement répond à la digitalisation des processus administratifs et à l'amélioration de l'efficacité dans les hangars. Concernant le personnel navigant, les 106 postes de pilotes et 137 postes de TCP représentent un ajustement proportionnel au retrait des modèles d'avions les moins performants et à la simplification de la flotte.
Le calendrier d'exécution prévoit que les premières demandes d'adhésion seront traitées au cours du deuxième trimestre 2026. Le processus se déroulera de manière échelonnée afin d'éviter des perturbations des opérations pendant la haute saison estivale. La compagnie aérienne a confirmé qu'elle maintiendrait des plans de formation pour le personnel qui reste dans l'entreprise, en se concentrant sur l'exploitation de la nouvelle flotte de gros-porteurs.
Consensus syndical
La ratification du document intervient après une période de consultations marquée par la divergence des attentes économiques. Le soutien de 92% de la représentation sociale apporte une sécurité juridique au processus. Des syndicats comme Sepla (pilotes) et Sitcpla (TCP) ont souligné que le caractère strictement volontaire du dossier élimine les risques de départs traumatisants. La participation de l'UGT et du CC OO sur les deux fronts (terrestre et aérien) assure la cohésion du plan à tous les niveaux opérationnels de la compagnie aérienne. Selon les représentants de CC OO après la signature, l'accord comprend des clauses de contrôle pour vérifier que le nombre d'adhésions volontaires ne dépasse pas le quota maximum établi par chaque catégorie professionnelle.
La signature de cet accord permet à Iberia de commencer l'exécution de son plan de restructuration avant la fin du premier semestre 2026. Avec la signature de l'accord, la compagnie aérienne clôture un cycle d'ajustements sociaux qui a commencé avec la crise du secteur en 2020.
Cette décision intervient dans un contexte de stabilisation financière du groupe IAG. Selon le communiqué officiel de l'entreprise, l'objectif est de garantir la compétitivité opérationnelle face à l'entrée de nouveaux opérateurs internationaux sur les routes transatlantiques, en maintenant la structure des coûts alignée sur la capacité actuelle de sa flotte.
L'optimisation à Madrid-Barajas est une priorité stratégique pour IAG. L'aérodrome de Madrid constitue le principal nœud de connexion entre l'Europe et l'Amérique latine. La pression des compagnies aériennes low-cost long-courriers et l'expansion des opérateurs du Moyen-Orient ont contraint l'entreprise à revoir sa base de coûts fixes, ainsi qu'à la perte du contrat de manutention dans certains des principaux aéroports espagnols.
La direction d'Iberia affirme que la reconfiguration du marché post-pandémique nécessite une structure plus agile. L'arrivée des nouveaux avions Airbus A350 et A321XLR, avec des besoins de maintenance réduits et une plus grande efficacité en matière de consommation de carburant, réduit la demande de personnel technique et de services au sol pour chaque siège-kilomètre offert.
International Consolidated Airlines Group (IAG), société mère d'Iberia, British Airways, Vueling et Aer Lingus, a accéléré ses plans d'efficacité dans toutes ses filiales. Après avoir enregistré un bénéfice d'exploitation de 3 507 millions d'euros au cours du dernier exercice, le groupe cherche à protéger sa rentabilité de la volatilité des prix du carburant et des tensions géopolitiques qui affectent les routes internationales.
