La culture doit être le moteur du développement en Amérique latine et dans les Caraïbes
Sur une petite place d'une ville d'Amérique latine et des Caraïbes, un groupe de garçons et de filles dansent pendant que, à quelques mètres de là, une grand-mère raconte les légendes d'un peuple indigène à l'ombre d'un arbre. Cette scène ne vient pas d'une carte postale folklorique ou d'une scène inventée : elle parle de la vie quotidienne de notre région, où l'art, la musique et l'écrit sont des racines profondes qui façonnent l'identité et l'avenir de millions de citoyens. Ici, la culture n’est pas un luxe ou un ornement : elle est la base de l’éducation, de la coexistence et de la résilience collective.
Forte de cette conviction, et en prévision du Forum économique latino-américain et caribéen, la CAF – banque de développement de l'Amérique latine et des Caraïbes – organisera, le 27 janvier, le festival Voix pour notre région : la culture qui fait bouger le monde, qui repensera la culture pour en faire un moteur d'intégration, de productivité, de cohésion sociale et d'identité partagée.
Dans le contexte mondial actuel, où la culture est généralement confinée aux marges du développement, l’Amérique latine et les Caraïbes la revendiquent comme le véritable fondement de son intégration et de sa projection. La région, forgée dans la diversité culturelle et la créativité, est toujours confrontée à des défis structurels qui limitent l'accès, la durabilité et l'équité dans la vie culturelle. Face à ces tensions, le festival CAF élève le débat en affirmant une idée centrale : la culture est un bien public, un droit humain et le tissu social essentiel pour projeter un véritable développement durable.
Que cette rencontre culturelle précède un forum économique n'est pas seulement un geste symbolique, mais une invitation à revoir l'ordre des priorités avec lequel on pense habituellement au progrès. La culture ne s’oppose pas au développement ; Il le précède, le soutient et lui donne un sens. Le reconnaître comme une infrastructure sociale et symbolique est essentiel pour renforcer l’intégration régionale et construire des horizons communs.
Le festival réunira des artistes, des dirigeants autochtones, des écrivains, des gestionnaires culturels et des représentants institutionnels dans un espace de dialogue ouvert, pluriel et participatif. Plus qu'un événement, il est conçu comme une table d'écoute active, où différentes voix peuvent réfléchir collectivement aux défis et opportunités auxquels est confrontée la culture dans la région aujourd'hui. L’objectif est clair : générer un message commun d’unité et d’intégration, reconnaissant le rôle central de la culture dans le développement humain et dans la construction de l’identité.
Parmi les résultats attendus du festival figure la préparation d'un document de synthèse qui rassemble les principales contributions et propositions issues du dialogue, ainsi que des recommandations pour les futures initiatives et politiques culturelles promues par la CAF. Il vise également à renforcer les réseaux entre les leaders culturels et à construire un message collectif d'intégration qui sera présenté et débattu dans le cadre du Forum économique latino-américain et caribéen, garantissant que la voix de la culture soit présente dans l'agenda de développement régional.
Le renforcement de notre identité commune et la consolidation d’une marque régionale solide restent une tâche en suspens. La culture (ce réseau d’histoires, de connaissances et d’expressions qui a si souvent dû se frayer un chemin pour être entendue) mérite d’occuper une place centrale dans la conversation sur l’avenir.
Aujourd'hui, avec ce festival, nous amplifions la voix de notre culture tout en respectant sa diversité, et nous nous engageons à construire un pont commun où toutes les identités ont leur place. Que ce festival soit un point de départ pour continuer à renforcer la culture, la résilience, l'unité et la projection de l'Amérique latine et des Caraïbes dans le monde.
