EL PAÍS

La France transforme le Pays de Galles en Italie antique

La France a clôturé ce dimanche-là la deuxième journée des Six Nations comme la seule équipe à compter ses matchs par victoires. L'actuel champion a confirmé son favoritisme pour répéter avec une victoire sans faille à Cardiff contre un rival qui ne concourt plus dans sa catégorie de boxe. La treizième défaite consécutive du Pays de Galles dans le tournoi (12-54), avec un cap fixe vers sa troisième cuillère en bois – perdant tous les matchs – a été une autre démonstration de son impuissance, comparable aux époques moins compétitives de l'Italie, et de la puissance de son adversaire.

L'entraîneur gallois, Steve Tandy, a résumé la gravité de la situation. « Nous sommes une nation de rugby. » En fait, ce n’est pas le cas de l’Italie, qui est beaucoup plus passionnée par le football. Un avantage pour vivre en toile de fond un drame qui a atteint 36 défaites consécutives dans les Six Nations. Il n'y a pas d'échappatoire pour les Dragons

La France est donc entrée en jeu avec un essai d'avance. Celui créé par une passe croisée de son magicien, Dupont. A la gloire d'Attisogbe, qui a fait preuve d'explosivité pour zigzaguer les maillots gallois avant que ses coéquipiers n'échangent la supériorité. Score pour Gailleton alors que le chronomètre avait dépassé 87 secondes. Les réservations des fans qui ont laissé des milliers de billets non achetés ont été confirmées.

Le Pays de Galles se trouvait dans une situation délicate, car il était incapable d'avancer avec le ballon et le fait de le repousser a permis une contre-attaque mortelle. Quelques secondes suffisaient pour découdre un pli médiocre. Avec leurs hôtes en dernière arrière-garde, les locaux n’avaient rien à faire. S'ils concentraient leurs troupes pour démolir la plate-forme française, ils laisseraient Louis Bielle-Biarrey seul dans l'autre coin. Il a empoché le coup de pied de Jalibert pour maintenir son rythme effréné d'essais avec la France : 23 en 24 matchs. Il a lui-même lancé la contre-attaque suivante. A chaque tacle cassé, son adversaire perdait une carte dans le paquet. Et la France sait prolonger les jeux avec la continuité de l'enchaînement pour enchaîner malgré le plaquage. Encore une marque facile pour Brau-Boirie, centre insultant et jeune, de 2005. Et le match s'est résolu en un quart d'heure : 0-19.

Les locaux ont fait leur apparition, mettant leurs avants au travail lors de leur première incursion notable. Cela s'est bien passé et Carré a profité de son poids considérable pour frapper. Un bisou qui n'a pas généré de tendance, puisque Francia est restée lâche, comme la chanteuse ouverte à toute composition. Appelez-le Dupont, avec le bas de son corps déjà rétabli après sa grave blessure au genou, pour dégainer des leurres ou expulser le poison de la mêlée. Juste au moment où les locaux semblaient rentrer aux vestiaires avec des dégâts acceptables, Beard a osé faire quelque chose pour un attaquant : un coup de pied. Et ça s'est mal passé. D'un seul souffle, Attisogbe ramassa l'ovale libre pour que Jalibert puisse poser à sa guise. L'ouvreur, incapable de consolider son talent en équipe nationale ces cinq dernières années, profite de l'opportunité pour devenir le partenaire de Dupont. En l’absence de rivaux plus conséquents, le duo fait déjà peur.

Le score de 7-26 à la mi-temps est le reflet d'une équipe qui a doublé son rival en mètres gagnés – 437 à 178 – avec moins de possession. Le Pays de Galles, qui avait raté 23 plaquages ​​– un scandale – a vu sa blessure se rouvrir rapidement avec deux autres essais de dix minutes : celui de Marchand, complétant la plateforme avant, et celui d'Attisogbe après son association entre joueurs de Bielle-Biarrey. Le décompte est passé à huit. Seul le dernier de Grady a effacé les comparaisons avec le plus grand écart dans le rapport de 106 matchs entre les deux : le 0-51 avec lequel les Gaulois ont remporté le tournoi en 1998. L'un de ceux qui ont marqué cet après-midi était Fabien Galthié, aujourd'hui entraîneur français. Le Dragon remonte à une génération.

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