EL PAÍS

Les États-Unis font face à une fermeture technique du gouvernement fédéral en attendant un vote du Congrès ce lundi.

Les échos de la fermeture du budget gouvernemental de l'automne dernier, la plus longue de l'histoire, qui a forcé la fermeture de centaines d'agences fédérales, résonnent fortement à Capitol Hill ce vendredi. Le Sénat a approuvé cet après-midi, par 71 voix contre 29, l'accord entre démocrates et républicains pour donner le feu vert à six importants plans budgétaires d'un montant de 1.200 milliards de dollars, qui représentent près de 75% des capacités de dépenses du gouvernement fédéral. L'accord comprend un financement pour les ministères de la Défense, de la Santé et des Services sociaux, du Travail, de l'Éducation, des Transports, de l'État et des agences liées aux services financiers. La mesure doit encore être approuvée par la Chambre des représentants, qui ne peut se réunir que lundi, ce qui entraînera une nouvelle fermeture du gouvernement, mais cette fois elle sera partielle et brève.

La tension est montée cette semaine dans les couloirs du Congrès américain après le meurtre samedi dernier à Minneapolis d'Alex Pretti, un infirmier de 37 ans, assassiné par des agents de la police fédérale de l'immigration. Les démocrates ont refusé d’approuver les six paquets budgétaires prêts à être examinés cette semaine. Ils ont affirmé qu'ils n'étaient pas disposés à donner leur feu vert à une augmentation du financement du ministère de la Sécurité intérieure, dirigé par Kristi Noem, à 64 milliards de dollars. Ce département relève des pouvoirs de l'Immigration and Customs Enforcement Service (ICE) et de la Border Patrol (USBP), dont les agents ont été déployés dans le Minnesota et mènent des raids aveugles contre les immigrants sans papiers et emploient des tactiques qualifiées de brutalités policières.

Au cours de la semaine, certains républicains se sont joints aux réticences des démocrates. Les conversations se sont intensifiées jusqu’à l’intervention de la Maison Blanche. Les démocrates voulaient inclure une réforme de l'immigration pour obliger les agents fédéraux à porter des caméras corporelles, exiger une identification et leur interdire de se masquer, et exiger des mandats pour accéder aux propriétés privées, telles que les maisons des citoyens.

Les négociations ont été débloquées jeudi après une conversation entre le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, et le président des États-Unis, Donald Trump. L'accord prévoyait l'approbation du financement de cinq des six enveloppes budgétaires destinées à financer les principales agences fédérales jusqu'en septembre. Et l'approbation, pour deux semaines, pour éviter une fermeture, du budget du Département de la Sécurité intérieure. Démocrates et Républicains disposent donc de 15 jours pour réformer la loi sur l’immigration et y intégrer les revendications du parti bleu.

Mais le processus budgétaire américain est complexe et alambiqué. La Chambre des représentants ayant déjà approuvé les six paquets budgétaires, toute modification de la loi de financement doit revenir au Congrès pour validation.

Mais la Chambre des représentants a besoin d’espace pour convoquer des sessions. Et il ne pourrait pas se rencontrer avant lundi prochain. Ainsi, à minuit, il y aura une fermeture partielle du gouvernement qui devrait être brève, 48 heures, jusqu'à ce que le Congrès valide les changements approuvés par le Sénat.

Même si tous les détails de l'accord n'ont pas été révélés, il a coïncidé avec le retrait de plusieurs agents fédéraux du Minnesota et un assouplissement de la campagne de l'administration Trump contre l'immigration.

La fermeture partielle du gouvernement fédéral affectera les agences financées par les six projets budgétaires laissés en suspens jusqu'à leur approbation par le Congrès lundi. Il existe 12 autres projets budgétaires qui ont déjà vu le jour et disposent de dotations annuelles.

Même si la majorité des législateurs sont convaincus que toute l'arnaque budgétaire sera résolue lundi, certains ont des doutes en raison de la réticence de certains républicains qui veulent exiger une compensation pour les concessions faites aux démocrates au Sénat. La Maison Blanche fait pression sur le caucus républicain pour qu’il réduise les éventuelles dissidences. La commission du Règlement de la Chambre des représentants prévoit de se réunir ce dimanche pour préparer le vote de lundi, selon Efe.

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