Réinventer l'Université de Valence face à un triple carrefour climatique, démocratique et technologique
Les alertes météorologiques en cas de fortes pluies et d’inondations font progressivement partie de notre conversation publique. Les études réalisées au cours des dernières décennies indiquent que, dans l’immédiat, ces alertes coexisteront avec d’autres notifications de températures extrêmes et de canicules de plus en plus longues. Nous vivons une période d’exception climatique qui redéfinit nos villes, nos routines et, in fine, notre mode de vie. En ce sens, les rapports indiquent un besoin urgent d'adaptation : entre 2026 et 2035, il sera essentiel de mobiliser plus de 10 milliards d'euros par an pour renforcer l'efficacité de l'eau, l'urbanisme et la résilience face aux sécheresses et aux inondations. Les différentes études internationales s’accordent sur le fait que le coût de l’inaction sera bien plus élevé que celui de l’action. L’urgence climatique nous obligera donc de plus en plus à adopter des mesures spécifiques de confinement ou à réduire la mobilité pour protéger la santé et la sécurité des citoyens, comme cela s’est déjà produit avec le dana d’octobre 2024.
Dans ce contexte d’incertitude climatique, notre programme électoral présente une décision claire : déclarer l’urgence climatique aux UV. Il ne s’agit pas d’un geste symbolique ou d’un slogan rhétorique, mais plutôt de la reconnaissance que les temps ont changé et que l’université doit répondre par des actions concrètes qui la relient à son territoire et aux gens. Si l’environnement se transforme, l’institution qui aspire à le comprendre et à le guider doit également le faire. Il y aura de plus en plus de jours où l’accès aux campus sera complexe ; C’est pourquoi nous devons anticiper avec des mesures qui intègrent transversalement les politiques d’économie circulaire, d’intelligence artificielle et de gestion écologique dans tous les domaines du gouvernement.
D’un autre côté, l’avancée technologique vertigineuse (de la robotique à l’intelligence artificielle) et la dissolution du consensus démocratique configurent un scénario sans précédent dans notre histoire récente. Par conséquent, l’université doit dépasser le rôle d’un mécanisme bureaucratique ou d’une fabrique de diplômes et devenir, plus que jamais, le cœur éthique et intellectuel de la société : l’espace où se cultive la raison, s’affronte les idées et se défend l’avenir. Pour y parvenir, il est essentiel de rapprocher la connaissance des citoyens et de renforcer les ressources humaines qui permettent de lutter contre la désinformation et de promouvoir la culture scientifique, en ouvrant l'université à la société par tous les canaux et réseaux possibles.
En ce sens, la réinvention de l’université est une nécessité historique qui suppose la récupération de la mission de service au bien commun. Pendant trop longtemps, le management a fait progresser la pensée et la bureaucratie a supplanté le débat intellectuel. En revanche, l’autonomie universitaire, pierre angulaire de notre système démocratique, a dans certains cas été déformée au point d’en faire un refuge pour l’endogamie. Il est donc nécessaire de promouvoir un programme d'attraction et de retour des talents afin que les personnes qui effectuent leurs travaux de recherche à l'étranger puissent revenir à l'Université de Valence.
En revanche, la liberté académique et de recherche ne prend tout son sens que si elle est exercée de manière transparente, dans la responsabilité et dans une vocation de service public. Face à ce défi, les bonnes intentions ne suffisent pas ; Il faut un leadership différent, qui ne peut pas naître de l’inertie ou d’accords internes, mais d’une véritable volonté de changement. Notre candidature au rectorat de l'UV naît d'une nouvelle équipe, sans attaches, attachée à l'excellence académique et au service de la communauté universitaire. Cette indépendance nous permet de proposer une réforme profonde, et non une simple refonte institutionnelle. Nous parlons de repenser les structures et non de les ajuster superficiellement.
Dans le même ordre d’idées, je suis convaincu que l’excellence universitaire commence par quelque chose d’essentiel : être une université vivable. Nous avons besoin d'espaces adéquats pour mener une activité académique dans des conditions décentes, mais aussi d'environnements qui favorisent la rencontre, le repos et l'échange d'idées. Le corps étudiant l'a clairement exprimé dans les processus participatifs ouverts au cours de ces semaines de campagne : ils réclament des espaces pour se rencontrer, débattre, réfléchir et collaborer. Cela exige également des conditions matérielles qui permettent de vivre l'université au sens plein : des logements en nombre suffisant, des loyers abordables, des modèles d'habitabilité durables et des solutions efficaces de mobilité vers les campus, depuis un réseau de transports publics plus régulier jusqu'à des infrastructures sûres pour les vélos et des options de stationnement rationnelles. Par conséquent, l’une des premières mesures que nous promouvrons sera une évaluation globale et une redistribution efficace des espaces universitaires, avec des critères d’équité, de fonctionnalité et de durabilité. De même, nous favoriserons les arrangements nécessaires avec les entreprises de transport pour améliorer efficacement les conditions de mobilité des étudiants et des personnels qui voyagent quotidiennement.
Dans le même temps, la productivité scientifique ne peut être exigée si la direction étouffe le temps créatif. On ne peut pas innover quand les talents sont piégés dans des procédures sans fin. C'est pourquoi nous proposons de soutenir fortement la gestion de la recherche, de libérer du temps intellectuel et de le protéger en tant que denrée rare. Aujourd’hui, soigner la pensée, c’est aussi faire de la politique universitaire. Nous avons également besoin d’une université qui regarde le passé avec justice et regarde le présent avec empathie. La dette impayée est de reconnaître l’histoire de ceux qui ont maintenu l’enseignement et la recherche pendant des décennies. Aujourd’hui, nous proposons des politiques de véritable conciliation, de flexibilité et d’évaluation professionnelle comme synthèse d’un changement profond dans la manière de prendre soin de ceux qui ont construit l’UV. Les personnels techniques et d'encadrement doivent cesser d'être invisibles : leur rôle est fondamental et leur participation doit être efficace et respectée. Les universités les mieux positionnées au niveau international le savent : l’excellence est toujours un effort d’équipe.
Enfin, nous imaginons l'Université de Valence comme une institution ouverte sur le monde, ancrée dans son territoire et à vocation mondiale. Nous savons que la science, au service de la société, sauve des vies, anticipe les risques et construit l’avenir. Telle est notre boussole : une université qui dialogue avec son environnement, qui ne se referme pas sur elle-même et qui assume sa responsabilité historique avec sérénité et ambition. Nous ne proposons pas uniquement de gérer l'université. Nous proposons de renouveler le contrat social entre savoir et citoyenneté. Avec le courage de s’engager sur un nouveau chemin et avec la sérénité de quelqu’un qui réfléchit à ce projet depuis des années, nous invitons toute la communauté universitaire à se joindre à cette transformation. Il n'y a pas de temps à perdre. L’avenir se construit désormais, avec la science et la culture. Soyons à nouveau enthousiasmés par notre Université, car ce n'est qu'avec enthousiasme que les paradigmes peuvent être changés.
