COP31 : Greenpeace exige la fin des combustibles fossiles et que les grands pollueurs paient la facture

Greenpeace exige mettre fin aux combustibles fossiles avec une transition contraignante, équitable et financée, et non des promesses vaines : elle réclame aux gouvernements d’abandonner les accords qui ne tiennent que sur le papier et de prendre en charge les responsabilités de ceux qui alimentent la crise.

Malos augurios

Greenpeace exige mettre fin aux combustibles fossiles et adresse à la COP31 un avertissement : négocier des accords insuffisants alors que le danger climatique s’aggrave ne peut jamais être présenté comme une victoire.

L’organisation écologiste réclame une sortie rapide, juste et financée du charbon, du pétrole et du gaz, l’arrêt de la déforestation et la fourniture de ressources aux pays du Sud global. La responsabilité du Nord global doit se traduire par des contributions, des échéances et des résultats vérifiables.

Le sommet d’Antalya (Turquie), qui débute ce lundi 9 novembre, sera confronté à cette épreuve. Face à la perspective effective de dépasser les 1,5 °C fixés à Paris, chaque retard accroît les risques et renforce la nécessité d’agir sur les causes du réchauffement.

Greenpeace exige mettre fin aux combustibles fossiles: signer ne veut pas dire respecter

Jasper Inventor, coordinateur de la délégation de Greenpeace, « met en doute » les négociations qui produisent des engagements dont l’application est repoussée pendant des années. Son exigence place l’exécution au-dessus de la propagande insultante de la diplomatie.

L’organisation demande un financement urgent et réel, afin que les principaux responsables, à savoir les pays riches, prennent leur part. Les coûts ne peuvent pas continuer à penaliser les plus touchés et ceux qui disposent de moins de ressources pour se protéger.

Greenpeace exige mettre fin aux combustibles fossiles par des décisions qui permettent d’évaluer les avancées. L’électrification et les renouvelables doivent contribuer à les substituer, et non devenir un prétexte pour prolonger leur expansion.

Turquie doit répondre de son charbon; Espagne, de son plan de sortie

Berkan Özyer, directeur de Greenpeace en Turquie, exige d’annuler les projets de nouvelles centrales à charbon et d’établir un calendrier de sortie avec des garanties sociales. Le pays hôte doit démontrer la cohérence entre ses engagements internationaux et ses décisions internes.

Le pays hôte doit interdire les importations de déchets plastiques et mettre de côté l’hypocrisie comme preuve de la politique turque zéro déchet. La crédibilité environnementale est fondamentale et nécessite des actions qui puissent être vérifiées en dehors du cadre de la COP31.

En Espagne, Pedro Zorrilla, responsable maximum de la campagne climatisée de Greenpeace, réclame de nouveaux engagements réels de financement international et un plan ferme et sans équivoque pour abandonner les combustibles fossiles. Le Gouvernement devra expliquer quelles mesures il adoptera pendant et après la COP31, avec quel budget et dans quels délais.

Le Pacifique ne peut pas attendre une réparation qui pourrait ne jamais arriver

Shiva Gounden, de Greenpeace Australie-Pacifique, avertit que la perte de récifs ou de territoires due à l’élévation du niveau de la mer peut laisser des dommages irréversibles. Le dommage est déjà fait, réduire les températures à l’avenir ne rétablira peut-être pas tout ce qui a été détruit.

Greenpeace exige mettre fin aux combustibles fossiles car limiter l’urgence et la durée du dépassement des objectifs de Paris reste décisif. Chaque fraction de degré évité compte et est importante: reconnaître le déclin comme inévitable favorise l’inaction et cela n’est pas une option.

L’organisation réclame une élimination sans prétexte des combustibles fossiles de manière progressive, contraignante, gérée et financée. Cette transition doit protéger les communautés, les travailleurs et les citoyens, respecter les écosystèmes et garantir leur participation. La justice sociale fait partie intégrante de la réponse climatique.

Un plan pour atteindre un système énergétique suffisant, efficace et 100 % renouvelable en 2040, accompagné d’un financement international par le biais d’impôts progressifs sur ceux qui polluent le plus et la reconversion des subventions aux fossiles qui déforment les marchés. Ce n’est pour le moment qu’une proposition, et non une obligation déjà adoptée.

Sa valeur politique réside dans l’ouverture d’un débat riche en contradictions entre ce qui est dit et ce qui est fait et nécessaire dans les pays les plus polluants: qui doit apporter les ressources pour abandonner un modèle dont les coûts environnementaux et sociaux retombent sur l’ensemble de la population.

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