Bilan des lobbyistes pétroliers à Dubaï : « Les fabricants d'armes ne sont pas invités aux pourparlers de paix »

Bilan des lobbyistes pétroliers à Dubaï : « Les fabricants d’armes ne sont pas invités aux pourparlers de paix »

Le nombre de lobbyistes des énergies fossiles (2 456) a établi un nouveau record à la COP28 à Dubaï, avec une représentation allant jusqu’à quatre fois plus grand (636) que celui enregistré il y a un an lors de la COP27 à Charm el-Cheikh, selon les données fournies par la coalition Gardez les gros pollueurs à l’écart (KBPO).

Seules les délégations du pays hôte, les Émirats arabes unis (4 409), et celle du Brésil (3 081) dépassent en nombre les représentants des compagnies gazières et pétrolières participant aux négociations du sommet sur le climat.

Comparativement, le nombre de lobbyistes défendant les intérêts de l’industrie des énergies fossiles est même supérieur à celui de l’ensemble des dix pays les plus vulnérables et des représentants des communautés autochtones (316).

« Le nombre sans précédent de lobbyistes des énergies fossiles sape les négociations cruciales sur le climat », a-t-il déclaré. Marta Scaf, directeur du programme Amnesty International Justice Climatique. « Tout comme Les fabricants d’armes ne sont pas invités aux pourparlers de paix, « Il est absurde de demander aux destructeurs du climat comment réparer les dégâts qu’ils causent, alors que la plupart d’entre eux envisagent d’augmenter leur production et de contribuer à élever encore davantage la température d’une planète en surchauffe. »

« Si la COP28 ne parvient pas à un accord sur l’élimination progressive des énergies fossiles, nous savons déjà à qui la faute », a-t-il déclaré. Rachel Rose Jackson, porte-parole de la Responsabilité des Entreprises. « Nous en avons assez de devoir expliquer sans cesse pourquoi l’industrie des combustibles fossiles ne peut pas écrire les règles de l’action climatique. »

Corporation Responsibility est l’une des 450 organisations de la coalition KBPO, auteur du rapport basé sur 84 000 délégués inscrits à la COP28. La pression exercée par ces groupes a été vitale pour exiger une plus grande transparence de la part des représentants de l’industrie, qui ont agi pratiquement incognito lors des sommets sur le climat pendant plus de deux décennies.

Le président de la COP28, Sultan Al Jaber, est en effet à la tête de la compagnie pétrolière nationale d’Abu Dhabi, Adnoc. Son double rôle a suscité de vives controverses depuis le début du sommet en raison d’un possible « conflit d’intérêts ».

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