Combien dʼeoliennes sont nécessaires pour alimenter la France ?

Le défi de l’autosuffisance énergétique avec l’éolien

Se dressent majestueuses aux quatre coins du pays, ces sentinelles modernes, les éoliennes, participent avec grâce à l’épopée de la transition énergétique. Doucement, elles tournent, rampant nos ciels des rêves ambitieux d’une France autosuffisante en énergie renouvelable. Mais combien de ces géantes aux ailes translucides faudrait-il pour que notre drapeau tricolore clame fièrement : « Je suis indépendant énergétiquement ! » ? Plongeons, amis lecteurs, dans ce rapportage qui va tenter de répondre à cette question complexe.

Nos besoins énergétiques actuels

Avant tout, il est important de dresser un état des lieux de nos besoins énergétiques. La consommation électrique en France en 2020 était d’environ 480 TWh (térawatt-heures), selon les chiffres de RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité. Pour alimenter cela en pur éolien, il va falloir un bon nombre d’éoliennes.

Le rendement d’une éolienne : une réalité complexe

Commençons par converser sur la production éolienne. Selon l’ADEME, une éolienne de 3 MW (méga watt) produit en moyenne 6,5 GWh (gigawatt-heures) par an. Pourquoi une éolienne ne produit-elle que « 6,5 GWh » par an alors qu’elle pourrait produire théoriquement 3 MW x 24 heures x 365 jours = 26,3 GWh par an ? Eh bien, c’est parce que le vent ne souffle pas constamment. Ce facteur, connu sous le nom de « facteur de charge », varie généralement entre 20% et 30% pour l’éolien.

Cela signifie que, même si une éolienne peut atteindre une capacité de 3 MW lorsqu’il y a beaucoup de vent, en moyenne, elle ne tourne qu’à environ 25% de sa capacité maximale.

Faisons une petite mise en équation

Si l’on se base sur une production de 6,5 GWh par éolienne (d’une puissance de 3 MW), pour fournir la consommation globale de la France, soit 480 TWh, il nous faudrait environ 74 000 éoliennes. Un chiffre certes déconcertant, mais qui ne tient pas compte d’un aspect essentiel : il est physiquement impossible d’installer autant d’éoliennes sur le territoire français.

Les zones d’implantation des éoliennes : un défi de taille

Le territoire métropolitain français ne pourrait pas accueillir autant d’éoliennes tout simplement parce qu’il ne présente pas assez de zones d’implantation possibles. Il faut savoir que pour installer une éolienne, il faut non seulement un espace suffisant mais aussi et surtout une zone propice au vent, éloignée des habitations et adaptée à l’installation d’une structure de cette taille. Selon l’ANCRE (Alliance Nationale de Coordination de la Recherche pour l’Énergie), étant donné ces contraintes, on peut estimer qu’il est possible d’installer environ 20 000 éoliennes en France.

L’éolien offshore comme clé de l’autosuffisance ?

C’est ici que la technologie offshore entre en scène, dotée de la puissance de transfigurer notre tableau. Plutôt que de se limiter au territoire terrestre, il est tout à fait possible d’implanter des éoliennes en mer. Elles y sont généralement plus productives grâce à des vents plus forts et plus constants. Une éolienne offshore de 6 MW produit en moyenne 23,5 GWh par an. C’est presque quatre fois la production d’une éolienne terrestre de 3 MW !

Si on remplace une partie des éoliennes terrestres par des éoliennes offshore qui produisent quatre fois plus, on pourrait atteindre l’autosuffisance avec un bien moindre nombre d’éoliennes. Le vent souffle en notre faveur, amis lecteurs !

Un puzzle énergétique

Alors qu’il peut sembler tentant de se tourner exclusivement vers l’éolien pour bâtir notre autonomie énergétique, la réalité est bien plus polychrome. Une matrice énergétique doit se penser dans sa diversité pour garantir une sécurité d’approvisionnement et une résilience face aux potentiels aléas climatiques.

Solarité, hydrosphère et biomasse devront aussi contribuer avec l’éolien à notre tableau énergétique de demain. En unissant ces forces, avec un peu de temps, d’innovation et une volonté politique et sociale forte, nous pourrions bien voir un jour une France fièrement autosuffisante en énergies renouvelables. Rêvons-le !

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