Numérisation et climat: une opportunité ibero-américaine à COP30
En pleine crise climatique et accélération technologique sans précédent, la numérisation transforme nos économies, nos cultures et nos modes de vie.
De l'intelligence artificielle à l'Internet des objets, ses impacts sont profonds et transversaux. Cependant, cette révolution n'est pas neutre: elle implique une empreinte écologique croissante et soulève des dilemmes urgents autour de la durabilité et de la justice climatique.
Pour la première fois, la 30e conférence des parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique (COP30) incorporera l'infrastructure publique numérique et l'innovation technologique dans son programme climatique. La réunion, qui aura lieu en novembre à Belém do paraá, au Brésil, ouvre un espace pour l'Amazonie, un symbole de la biodiversité mondiale et un écart de connectivité structurelle, devenant l'épicentre d'une transition verte équitable de l'Amérique latine.
La crise climatique et les progrès technologiques ne peuvent plus être pensés séparément. L'expansion des infrastructures numériques, telles que les centres de données et l'intelligence artificielle, peut accélérer des solutions climatiques, mais aussi aggraver les inégalités et créer de nouvelles formes d'extraction.
La production de technologies numériques dépend de minéraux critiques, indispensables pour les batteries, les semi-conducteurs et les appareils intelligents. L'Amérique latine joue un rôle stratégique dans cette chaîne: le Chili, l'Argentine et la Bolivie concentrent environ 60% des réserves du lithium mondial, tandis que le Brésil apporte du cuivre et du nickel.
Cette centralité, cependant, contraste avec une capacité limitée à gérer les impacts associés: la région ne comprend que 1% de ses déchets électroniques et manquent d'infrastructure pour son traitement local. Cela montre une asymétrie structurelle dans la chaîne mondiale.
La consommation d'énergie du secteur numérique, son utilisation intensive de l'eau et la génération croissante de déchets électroniques réveillent les préoccupations croissantes. En 2022, il y avait environ 62 millions de tonnes de ces déchets, selon l'International Telecommunications Union (UIT).
Face à ces défis, la transformation numérique offre également des opportunités clés. Les technologies émergentes telles que les capteurs intelligents et le suivi automatisé permettent d'améliorer la surveillance du climat et de réduire l'utilisation de plastiques vierges, avec un impact direct sur les secteurs tels que l'agriculture, les énergies renouvelables ou la gestion des déchets. Dans la région ibero-américaine, des initiatives encourageantes qui relèvent ces défis de manière intégrée sont promus.
L'Espagne gère officiellement plus de 42% de ses déchets électroniques; De plus, l'utilisation de jumeaux numériques climatiques dans des villes telles que Barcelone et Séville vous permet d'anticiper les inondations, de gérer l'utilisation des terres et de guider les investissements durables. Pendant ce temps, le Chili a réussi à intégrer 54% des énergies renouvelables dans sa matrice d'énergie. Le Brésil, quant à lui, est consolidé comme l'un des leaders mondiaux de l'investissement dans l'énergie éolienne.
Ces expériences délimitent une voie possible vers une transition numérique durable, mais nécessitent un soutien par le biais de politiques publiques cohérentes, de financement climatique et de transfert technologique. Cependant, ces avancées ne seront durables que si elles sont conçues avec des principes de justice climatique, d'efficacité énergétique et de respect des limites planétaires.
L'innovation technologique nécessite un cadre éthique partagé et des engagements concrètes à ne pas approfondir les inégalités existantes dans la région.
La gouvernance environnementale et numérique partage les défis: ils nécessitent une coopération internationale multilatérale, des cadres réglementaires et des objectifs vérifiables. Mais aujourd'hui, moins de la moitié des pays ont des lois efficaces pour la gestion des déchets électroniques, un obstacle clé à une transition numérique verte. Cette absence de réglementation compromet sérieusement la viabilité d'une transition verte numérique.
Le COP30 représente donc une occasion clé d'aligner les cadres réglementaires, les engagements climatiques et les agendas technologiques. De la région ibero-américaine, cet appel implique d'assumer des responsabilités partagées et de renforcer les alliances stratégiques. Dans un espace où tous les acteurs – gouvernements, organisations multilatérales, société civile, secteur privé et communautés autochtones et traditionnelles – peuvent définir des cadres réglementaires, des engagements financiers et des objectifs communs.
Dans le cadre des préparatifs de COP30, l'organisation des États-Unis (OEI) et du gouvernement brésilien ont lancé une alliance internationale pour le rendre possible. L'OEI, qui a accompagné la région dans des questions clés telles que l'éducation, la culture et la science, promeut des projets qui favorisent l'utilisation responsable et éthique des technologies, la transition énergétique durable et la formation de capacités d'une économie numérique équitable, telles que la preuve des initiatives birrégionales telles que l'énergie, l'origine, vers une transition verte birgionale, axée sur une transition verte late et équitable.
Dans ce contexte, COP30 marque une étape importante: non seulement positionne le Brésil en tant qu'acteur stratégique dans la gouvernance climatique mondiale, mais permet de rendre visible le rôle de la coopération ibero-américaine dans la construction d'un avenir numérique aligné sur les droits de l'homme et la durabilité. En période de crise climatique et d'accélération technologique, la question n'est plus de savoir s'il faut numériser, mais comment le faire équitablement, démocratiquement et durable.
En Amérique latine, nous parions sur un sens avec le sens: qu'il a des racines dans les territoires et dans la coopération multilatérale, qui respecte les connaissances ancestrales, qui ne multiplient pas les déchets numériques et ne concentre pas le pouvoir.
Santiago Plata Il est responsable de l'éducation de l'organisation des États ibero-américains pour l'éducation, la science et la culture (OEI) au Brésil.
