Un couple achète un ranch dans le Colorado en 2014 et, en déplaçant ses vaches d’un pâturage à l’autre, voit les espèces d’oiseaux passer de 29 à 37 en six ans, avec le double d’oiseaux des prairies détectés.

Lance et Lisa Wheeler ont acquis des terres dans le Colorado en 2014 pour développer un projet d’élevage familial. Des années plus tard, leur ranch Rafter W se distingue également par ses oiseaux, avec 37 espèces recensées en 2025 contre 29 en 2019 et le double des signalements d’oiseaux des prairies durant cette période.

Les données proviennent d’Audubon Rockies, qui a publié l’histoire le 31 août 2026. Le cas illustre une évolution favorable de la communauté aviaire au sein d’une exploitation alliant production alimentaire et conservation, même s’il convient de distinguer ce que montrent les recensements et ce qui ne permet pas encore d’affirmer.

Ce que disent les chiffres

L’augmentation de 29 à 37 représente huit espèces supplémentaires recensées, soit environ 28 %. Cette mesure s’appelle richesse des espèces et répond à une question simple : combien d’espèces d’oiseaux différentes ont été trouvées ?

Les signalements d’oiseaux des prairies sont passés de 178 à 356. Ils sont deux fois plus nombreux, mais ces chiffres pris isolément ne démontrent pas que la population ait doublé, ni que tous les changements soient attribuables uniquement au pâturage.

Audubon signale également une amélioration cumulative de 26 % de l’indice de faveur pour les oiseaux du ranch depuis 2019, avec une croissance annuelle d’environ 4 %. Cet indicateur combine des informations sur l’abondance, la diversité et la résilience de la communauté aviaire. Il offre donc une lecture plus large qu’une simple liste d’espèces.

Du rêve au ranch

Lance a grandi dans une banlieue de Los Angeles et rêvait de devenir cow-boy en regardant la série Bonanza. Sa famille avait des antécédents d’élevage au Texas, mais lui et Lisa ont commencé leur propre parcours en élevant des animaux sur une petite propriété à Elizabeth, dans le Colorado, au début des années 1990.

En 2014, ils ont acheté le terrain dans le comté d’Elbert et, deux ans plus tard, ont acquis la propriété voisine. L’idée de fond s’est résumée dans une phrase de Lance relevée par Audubon : « nous n’élevons pas seulement des animaux pour la viande, nous cultivons en réalité de l’herbe ». Prendre soin de ce que mange le bétail est devenu le cœur du projet.

L’herbe fait la différence

Les Wheeler pratiquent un pâturage tournant et adaptatif, déplaçant le bétail entre différentes zones de l’exploitation. De cette façon, ils entretiennent un paysage mosaïque d’herbe courte et haute qui offre des conditions variées aux oiseaux qui utilisent le terrain.

Pourquoi une chose aussi banale que la hauteur de l’herbe importe-t-elle ? Parce que les espèces ont des besoins différents pour se nourrir, se réfugier ou se reproduire, et une prairie uniforme n’offre pas les mêmes possibilités qu’une prairie variée. Audubon explique que les périodes de repos entre les cycles de pâturage permettent à la végétation de se régénérer et favorisent cette diversité.

Le calendrier compte aussi, surtout pour les oiseaux qui nichent au sol. La durée du pâturage et les périodes sans perturbation doivent s’ajuster aux conditions du lieu et à la reproduction des espèces. Déplacer le bétail d’une parcelle nécessite de prêter attention à ces rythmes.

Ce que certifie le label

Rafter W a obtenu en 2018 la certification Audubon pour des terrains gérés au bénéfice des oiseaux. Le programme exige des conditions liées à l’habitat, à la durabilité environnementale et au bien-être animal, et prévoit un plan de gestion adapté à chaque exploitation.

Pour l’achat de viande, l’essentiel est de lire ce que garantit chaque étiquette. Audubon précise que sa certification se concentre sur la conservation de l’habitat et que les produits peuvent en outre porter d’autres labels. Le sceau, pris seul, n’équivaut pas à une certification écologique.

Le suivi est aussi une pièce du programme, car il permet de vérifier comment les communautés d’oiseaux évoluent au fil du temps. Dans le cas des Wheeler, l’article présente des résultats encourageants, mais il ne propose pas une expérience qui isole l’effet de chaque pratique. L’interprétation prudente est que l’amélioration observée accompagne leur manière de gérer l’exploitation.

Sol, eau et continuité

Le travail de la famille inclut également le suivi du sol, des actions contre l’érosion et des projets destinés à améliorer l’infiltration de l’eau et la résistance à la sécheresse. Ce sont des objectifs liés au fonctionnement du terrain, bien que l’article ne fournisse pas de chiffres permettant de quantifier ces bénéfices.

L’exploitation intègre aussi des poules en liberté qui suivent le bétail dans un poulailler mobile et retournent le fumier. Les Wheeler ouvrent également leurs portes à des promenades d’observation des oiseaux et à des activités éducatives pour les jeunes, rapprochant la conservation de personnes qui n’auraient peut-être jamais mis les pieds dans un ranch.

L’intérêt de cette expérience réside dans la poursuite de la vérification si la production et la restauration de l’habitat avancent ensemble au fil des années. L’article original sur le Rafter W Ranch a été publié le 31 août 2026 sur Audubon Rockies.

Photo : Aaron Maier / Audubon Rockies

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