EL PAÍS

Baltasar Garzón, Victoria Rosell et Javier Pérez Royo mènent un manifeste de juristes contre l'attaque contre le Venezuela

Plus d'une centaine de personnalités du monde judiciaire et universitaire ont signé un manifeste condamnant l'attaque américaine au Venezuela qui a conduit à la capture de Nicolas Maduro samedi dernier. Parmi les signataires, se distinguent l'ancien magistrat Baltasar Garzón, la juge et ancienne déléguée du gouvernement contre la violence de genre Victoria Rosell, l'ancien député et magistrat à la retraite Juan Pedro Yllanes, le professeur de droit constitutionnel Javier Pérez Royo, le doyen de la Faculté de droit de l'Université de La Corogne et ancien maire de la ville Xulio Ferreiro.

Les experts juridiques exhortent l'ONU à évaluer ses conséquences juridiques et à adopter les mesures nécessaires pour garantir le respect de la Charte des Nations Unies. Le texte défend la « légalité internationale » et critique la « détention illégale » et le transfert forcé du président chaviste. Rappelons par ailleurs que le recours à la force armée contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un État est expressément interdit par l’article 2.4 de la Charte, « norme fondamentale de l’ordre juridique international et à caractère impératif (.

Le manifeste souligne que cette interdiction n'autorise que deux exceptions limitées : la légitime défense et l'autorisation expresse du Conseil de sécurité des Nations Unies. Aucune de ces deux conditions n’était présente avant le raid éclair de la Force Delta à Caracas, puisque « l’existence d’une attaque armée antérieure ou d’une menace imminente qui pourrait justifier une action de légitime défense n’a pas été publiquement prouvée ».

Dans le même temps, le manifeste indique que ce recours à la force pourrait être qualifié de « crime d’agression », conformément à la Charte des Nations Unies, à la résolution 3314 de l’Assemblée générale et aux principes consolidés du droit pénal international. Les actes d’agression « comptent parmi les violations les plus graves de l’ordre juridique international en raison de leurs conséquences sur la paix, la sécurité et les droits fondamentaux des peuples ».

Les signataires condamnent également la privation de liberté de Maduro par des forces militaires étrangères, la jugeant « incompatible » avec le régime d'immunité personnelle des chefs d'État en exercice « reconnu par le droit international coutumier ». Enfin, le manifeste exhorte les États de la communauté internationale et les organes compétents de l'ONU à « clarifier les faits, évaluer leurs conséquences juridiques et adopter les mesures nécessaires pour garantir le respect de la Charte des Nations Unies et éviter des précédents qui érodent gravement l'ordre juridique international ».

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