EL PAÍS

Cepsa estime que l’hydrogène vert créera 180 000 emplois et ajoutera un point de PIB en 2040

Une usine d’électrolyseurs et de piles à combustible de la multinationale allemande Bosch, à Stuttgart.THOMAS KIENZLE (AFP)

181 000 emplois et un point de PIB supplémentaire, avec une contribution supplémentaire de 15,6 milliards d’euros. Ce sera l’empreinte positive de l’hydrogène vert sur l’économie espagnole, selon les calculs révélés ce mercredi par Cepsa et Manpower Group lors du sommet du Forum économique mondial, qui se tient ces jours-ci à Davos (Suisse). La compagnie pétrolière et la société de ressources humaines prévoient une « révolution imminente » sur le marché du travail européen et demandent instamment d’améliorer les compétences des travailleurs afin qu’ils puissent profiter de ces nouvelles opportunités d’emploi.

Les 181.000 nouveaux emplois projetés sur le marché du travail espagnol constituent le chiffre le plus élevé d’Europe, devant le Royaume-Uni (173.000), l’Allemagne (145.000) et la France (105.000). Et ils représentent 11 % de ceux calculés pour l’ensemble du continent : 1,7 millions au total, selon l’étude, l’une des premières publiées dans ce domaine.

Que ce soit Cepsa qui lance cette étude n’est en aucun cas arbitraire : l’entreprise énergétique espagnole se concentre depuis des années sur une reconversion accélérée d’une activité presque entièrement basée sur les combustibles fossiles vers une activité complètement nouvelle, qui s’appuiera sur ce qu’on appelle les molécules vertes : l’hydrogène et ses dérivés : l’ammoniac ou le méthanol, entre autres.

L’Espagne sera également le pays où les nouveaux emplois et compétences liés à la transition énergétique nécessiteront : 55 % des nouveaux postes. C’est aussi sur quoi l’orientation genre tournera le plus : si aujourd’hui seulement 37 % des emplois dans le secteur de l’énergie sont occupés par des femmes, en 2030 ce chiffre grimpera à 51 % dans le cas des carburants renouvelables.

80 % des nouveaux emplois dans le secteur des carburants renouvelables seront destinés à des techniciens de niveau intermédiaire et supérieur. « La demande augmentera pour les scientifiques et ingénieurs de niveau moyen et élevé, les électriciens, les directeurs administratifs et commerciaux, les travailleurs des mines et de la construction, les professionnels de l’information et des communications, ainsi que les opérateurs de métallurgie et de machines », indique le rapport. « Les professionnels qui souhaitent profiter d’un des nouveaux emplois qui seront créés doivent être formés à une ou plusieurs des compétences nécessaires pour exercer ces métiers. » En parallèle, dit-il, il faudra « mobiliser les professionnels dans des métiers qui perdront de leur pertinence pour qu’ils puissent se reconvertir dans d’autres, plus demandés ».

Après plusieurs années d’activité intense annonçant de nouveaux projets d’hydrogène vert, la fièvre pour les molécules vertes a considérablement baissé ces derniers temps. Non pas tant parce qu’il y a eu un changement majeur dans ses projections futures – peu de gens doutent de son rôle essentiel dans la décarbonisation de secteurs difficiles à électrifier – mais parce que seule une petite partie des projets annoncés finissent par devenir une réalité en chair et en os. Selon les dernières projections de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), seuls 7 % de ceux dévoilés seront prêts en 2030.

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