EL PAÍS

De graves inondations au Mozambique entraînent le déplacement d'environ 400 000 personnes

Au moins 392.000 personnes ont dû fuir leurs foyers en raison des intenses inondations survenues le mois dernier dans le centre et le sud du Mozambique, profondément touchés par le changement climatique depuis des années, a rapporté ce vendredi à Genève Xavier Creach, représentant de l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) dans ce pays africain.

Selon la presse locale, des pluies torrentielles ont fait au moins 100 morts au Mozambique, en Afrique du Sud et au Zimbabwe depuis le début de l'année. Au Mozambique, 13 décès ont été confirmés jusqu'à présent en raison des inondations. Dans les provinces les plus touchées du pays, comme Gaza, Maputo et les zones du centre du pays, « les eaux sont montées si vite qu'il y a à peine eu le temps de préparer l'évacuation », a expliqué Creach.

« De nombreuses familles se sont enfuies sans les biens les plus élémentaires ni les documents d'identité. Des pères et des mères racontent une fuite chaotique vers les hauteurs, au cours de laquelle certains enfants ont été séparés de leurs familles, tandis que des personnes âgées ou handicapées avaient du mal à suivre », détaille le responsable du HCR dans un communiqué.

Des pluies torrentielles ont fait au moins 100 morts au Mozambique, en Afrique du Sud et au Zimbabwe depuis le début de l'année

Pour sa part, Paola Emerson, chef du Bureau de l'ONU pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) dans ce pays africain, a expliqué que dans les zones touchées, 90% de la population vit dans des maisons en terre cuite « qui se sont pratiquement désintégrées avec la pluie ».

Selon les Nations Unies, le Mozambique est l'un des pays au monde les plus touchés par les catastrophes naturelles, dont la plupart sont directement liées au changement climatique. Les sécheresses consécutives dues au phénomène El Niño alternent avec de graves inondations provoquées par La Niña.

Malgré les difficultés d'accès, 20 000 personnes ont été évacuées jusqu'à présent de ces zones, a expliqué le responsable du HCR. 100 000 autres personnes se trouvent dans des abris temporaires, surpeuplés et dépourvus de services de base, et où l'ONU prévient qu'il est impossible de protéger les personnes les plus fragiles, comme les femmes et les filles, exposées à la violence sexuelle et à d'autres abus.

En outre, des milliers de personnes sont isolées dans les zones touchées et l'aide humanitaire est retardée en raison des routes inondées et des ponts effondrés.

Le responsable de la communication de l'Unicef ​​dans le pays, Guy Taylor, a mis en garde contre les risques que représente cette situation pour les garçons et les filles, particulièrement touchés par « l'eau sale et les maladies qui peuvent ainsi se transmettre ». Cette situation, combinée à la malnutrition, qui touchait déjà quatre enfants sur dix dans le pays avant les inondations, peut entraîner la mort de mineurs. De plus, les responsables ont alerté la population locale de la présence de crocodiles arrivés dans certaines villes, en raison de la montée des eaux.

Le président du pays, Daniel Chapo, a visité ces jours-ci les zones touchées et a garanti la création de nouveaux lieux d'hébergement pour les victimes ainsi qu'une aide financière pour qu'elles puissent reprendre leur vie.

Les inondations s’ajoutent au conflit qui fait rage depuis 2017 à Cabo Delgado, au nord du Mozambique, qui a provoqué le déplacement de plus de 300 000 habitants au cours du seul dernier trimestre de 2025, selon les chiffres du HCR, et qui a rendu rares les réserves pour une nouvelle situation d’urgence comme celle-ci.

Ces inondations mettent une fois de plus en évidence la vulnérabilité du Mozambique, théâtre d’urgences climatiques et sécuritaires. Le HCR a averti qu'on prévoit de nouvelles pluies et donc un risque élevé de nouvelles inondations et de nouveaux déplacements. C'est pourquoi l'agence des Nations Unies a appelé à un soutien international urgent pour fournir une assistance vitale à la population touchée.

L'Union européenne a déjà envoyé lundi un avion au Mozambique avec des produits essentiels qui bénéficieront entre 30 000 et 50 000 personnes, selon les informations de Bruxelles.

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