Douze des hommes les plus riches polluent jusqu'à deux millions de foyers

Douze des hommes les plus riches polluent jusqu’à deux millions de foyers

Carlos Slim et Bill Gates sont en tête de liste

Les émissions des 1 % les plus riches de la planète (environ 5,9 milliards de tonnes de CO2 en 2019) sont équivalentes à celles des 66 % les plus pauvres, selon l’étude « The Great Carbon Divide » sur le lien entre inégalités économiques et changement climatique, réalisée dehors par GardienOxfam et l’Institut environnemental de Stockholm.

Selon l’étude, quelque 77 millions d’habitants ayant un niveau de revenu supérieur à 125 000 euros par an étaient responsables de 16 % des émissions en 2019, le même montant attribué aux 5 000 millions d’habitants aux revenus inférieurs. Aux inégalités Nord/Sud, il faut ajouter « l’écart de richesse » au sein des pays eux-mêmes; Dans nombre d’entre eux, les 10 % les plus riches émettent jusqu’à 40 fois plus que les 10 % les plus pauvres.

Douze des hommes les plus riches de la planète produisent autant de gaz à effet de serre par an avec ses avions privés, ses yachts, ses voitures, ses demeures et ses placements financiers comme ceux générés par les besoins énergétiques d’une ville de deux millions de foyers, conclut également l’étude publiée par Gardien.

Le financier mexicain Carlos Slim est en tête de la « liste noire » des émissions des milliardaires, suivi du fondateur de Microsoft Bill Gates (auteur de Comment éviter une catastrophe climatique) et par le PDG d’Amazon, Jeff Bezos. Les magnats de la technologie Larry Page, Eric Smidt et Michael Dell comptent également parmi les plus gros contributeurs, l’oligarque Roman Abramovich est le numéro 8 avec sa flotte de yachts et Ellon Musk occupe le numéro dix, pris dans la contradiction de Tesla (l’un des plus grands constructeurs de yachts). voitures électriques) et les plus de 200 vols par an à bord de son avion privé d’une valeur de 65 millions d’euros (et 25 000 tonnes d’émissions en 2022).

Au total, les 10 % les plus riches sont responsables de 50 % des émissions, 40 % de la classe moyenne en est responsable de 43 % et les 50 % les plus pauvres n’y contribuent qu’à hauteur de 8 %. Dario Kenner, auteur de « Carbon Inequality », parle même de l’existence d’une « élite de polluants » (avec des actifs de plus d’un million de dollars) qui renforce l’utilisation de technologies « à haute teneur en carbone » et qui dispose du pouvoir économique et de l’influence politique.

Sommet sur le climat

La relation étroite entre inégalités économiques et changement climatique sera sans aucun doute évidente lors de la COP28 aux Émirats arabes unis, l’un des plus grands producteurs de pétrole au monde. Le président Cheikh Mohamed ben Zayed Al Nahyan appartient également à l’une des familles les plus riches de la planète, avec une fortune nette estimée à 275 milliards d’euros.

Oxfam et d’autres ONG espèrent mettre sur la table la nécessité d’introduire une « taxe climatique » sur les grandes fortunes, et notamment sur les 65 000 au-dessus du seuil des 100 millions d’euros, pour les émissions provoquées par leur mode de vie. « Ne pas valoriser la richesse est ce qui permet aux riches de continuer à voler, à ruiner la planète et à nier la démocratie. » prévient Amitabh Behar, directeur exécutif par intérim d’Oxfam International. « Les impôts sur les richesses extrêmes peuvent transformer l’opportunité de lutter contre les inégalités et le changement climatique. »

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