La CEI montre le pessimisme des citoyens : la majorité pense qu'en 2034 il y aura plus de chômage, plus de cancer et moins de liens familiaux
Les perspectives que les Espagnols ont sur ce que sera le pays dans 10 ans n’invitent pas à l’optimisme. Il y aura, selon la majorité, davantage de chômage et davantage de divorces, les décès dus au cancer monteront en flèche, la solitude augmentera et le monde sera soumis à des guerres et des catastrophes naturelles dues au changement climatique. C'est ce qui ressort de l'enquête sur les tendances sociales publiée mercredi par le Centre public de recherches sociologiques (CIS), basée sur 35 questions posées entre le 8 et le 14 novembre à 3.801 citoyens de toutes les communautés autonomes.
Les Espagnols interrogés estiment que les quatre principaux problèmes qui existeront dans le monde dans 10 ans seront – dans cet ordre et par réponse spontanée – les guerres, le changement climatique, la pauvreté et le chômage. En 2034, selon six personnes interrogées sur dix, il y aura moins de croyances religieuses en Espagne. En fait, affirment-ils, il y aura plus d’intérêt pour les « choses matérielles » et la « propre réussite », mais aussi « plus de liberté sexuelle ».
Les liens familiaux seront compromis au cours de la prochaine décennie, selon les personnes interrogées. 55% pensent qu'il y aura moins de relations avec la famille, qu'il y aura plus de séparations et de divorces (60% de plus qu'aujourd'hui), que moins d'enfants naîtront (72% y croient) et que la solitude sera plus grande qu'en 2024. (il est risqué 79,8%). Il existe cependant d'autres prédictions positives : 38 % pensent qu'il y aura plus de temps libre « pour les loisirs » et 77 % suggèrent que le télétravail va se développer.
Les perspectives économiques ne sont pas non plus très prometteuses. 40% des personnes interrogées estiment qu'il y aura davantage de chômage ou de manque de travail. 63 % suggèrent que les différences sociales et économiques seront plus importantes qu’aujourd’hui. La consommation de drogues augmentera (47,6% le pensent) et la criminalité augmentera. La dernière question concernant l’Espagne dans 10 ans est la suivante : « Pensez-vous que la détérioration de l’environnement sera plus importante qu’aujourd’hui, moins qu’aujourd’hui ou autant qu’aujourd’hui ? 59% estiment que « plus que maintenant ». 46,8 % prédisent que davantage de personnes mourront du cancer. Et 85 % pensent qu’il y aura des robots qui remplaceront les travailleurs. La majorité prédit également que le racisme continuera de croître (42,4%) et qu'il y aura davantage d'épidémies (39,3%) et de catastrophes naturelles. Et près de 65 % pensent que les inégalités entre pays pauvres et pays riches vont s’accentuer. La majorité des personnes interrogées se considèrent comme « classe moyenne ».
Intervention de l'État dans l'économie
L'enquête demande des avis sur l'intervention de l'État dans l'économie. 27,8% estiment que la puissance publique ne devrait pas intervenir, tandis que 64,8% estiment qu'elle devrait le faire. Parmi ces derniers, 82% précisent que « uniquement dans certains secteurs d’intérêt général et fixant des orientations générales ».
Le CIS pose également cette question : « Au cours des deux dernières années, qu'est-ce ou qui a le plus influencé vos opinions politiques, comme voter ou ne pas voter, exprimer telle ou telle opinion, etc. ? 16,2% des personnes interrogées répondent que leur première influence sont les réseaux sociaux et Internet. 20% désignent le candidat ou le leader politique. 10,9%, à la télévision. La famille et les connaissances constituent la principale influence pour 10,2 %. La radio, pour 8%. Et les journaux, pour 5,2%.
