M+, MoMA et Pompidou concluent des prêts d’art pluriannuels pour limiter les déplacements des œuvres

Les prêts d’art de longue durée seront l’un des piliers d’une alliance sans transactions économiques entre les trois musées. L’accord relie Hong Kong, New York et Paris pour partager les collections, la recherche et les connaissances de conservation.

Les prêts d’art pluriannuels gagnent en protagonisme dans la collaboration entre les grandes musées. Le M+ de Hong Kong, le MoMA de New York et le Centre Pompidou de Paris ont signé ce vendredi un accord pour partager des œuvres, des recherches et des connaissances de conservation. L’alliance vise à assurer la continuité des échanges et à réduire les déplacements liés à des expositions de courte durée.

La convention, signée à Hong Kong, ne prévoit aucune transaction économique entre les institutions. Ses premiers engagements comprennent une galerie dédiée à la collection du M+ au MoMA en 2027 et l’intégration d’œuvres de leurs partenaires occidentaux dans les salles du musée hongkongais au cours des dix-huit prochains mois.

La durabilité fait partie du dispositif. Christophe Cherix, directeur du MoMA, a défendu la possibilité de conserver les œuvres prêtées pendant une décennie plutôt que de les transporter pour des expositions de quatre mois. L’accord ouvre ainsi une voie pour planifier des échanges plus durables, même s’il n’offre pas encore d’estimation des économies d’émissions qui pourraient en découler.

Les prêts d’art

Les musées M+ de Hong Kong, MoMA de New York et le Centre Pompidou de Paris ont scellé ce vendredi une alliance culturelle sans précédent qui remplace le mercantilisme des franchises artistiques et l’usure des expositions itinérantes par un pacte de réciprocité intellectuelle et de durabilité écologique à long terme.

Le cadre historique de l’accord-cadre, signé à M+, situé dans le district de West Kowloon, renonce à toute transaction économique. À la place, les trois entités coopéreront en recherche curatorial, conservation patrimoniale et prêts prolongés sur plusieurs années, transformant radicalement la circulation de l’art contemporain à l’échelle mondiale.

L’agenda commune fixe des jalons concrets tels que l’inauguration en 2027, dans l’espace américain, d’une galerie exclusive destinée à promouvoir la collection du centre asiatique, tandis que la pinacothèque de l’ancienne colonie britannique intégrera des pièces de ses partenaires occidentaux dans ses salles au cours des dix-huit prochains mois.

De plus, le M+ projette d’exposer ses créations numériques dans le futur siège que le complexe français édifie à Massy, au sud de Paris.

Suhanya Raffel, directrice de l’institution hongkongaise —qui fête son cinquième anniversaire avec plus de douze millions de visiteurs—, a souligné la complémentarité de ces acteurs, unis par leur approche multidisciplinaire dans l’architecture, le design et les disciplines audiovisuelles.

« Le respect s’obtient, il ne se réclame pas », a assuré l’exécutive, en soulignant que cette synergie assure un capital symbolique précieux pour la région administrative spéciale.

Pour sa part, Christophe Cherix, responsable artistique du MoMA, a défendu la viabilité de sauvegarder les créations pendant une décennie plutôt que de les transporter constamment autour du monde pour des expositions éphémères de quatre mois. Le dirigeant a plaidé en faveur d’un schéma viable qui réponde à la crise climatique et aux ressources du secteur.

Le président du Pompidou, Laurent Le Bon, dont le siège central fait l’objet d’une réforme quinquennale, a souligné que ce lien répond à une philosophie partagée entre des villes globales marquées par la diversité de leurs diasporas. Dans un contexte géopolitique complexe, les signataires cherchent à édifier des ponts qui transcendent les frontières idéologiques.

Bien que l’accord n’allège pas le déficit budgétaire du district culturel de West Kowloon – qui a explosé jusqu’à près de 1 milliard de dollars hongkongais (127,4 millions de dollars américains) au cours de l’exercice 2025-2026 –, il consolide son prestige international.

Dans des déclarations accordées au South China Morning Post, Harald Kraemer, spécialiste des études museales de l’Université de Hong Kong, a qualifié la manœuvre de « extrêmement astucieuse face à la modération des fonds publics ».

L’érudit a exprimé son souhait que les partenaires occidentaux n’envoient pas des collections de « seconde catégorie » et a confié que cette plateforme permettrait d’exposer à Paris et à New York des œuvres de créateurs chinois contemporains dont la diffusion locale est politiquement sensible.

À ce propos, la directrice du musée de la ville semi-autonome a précisé que « la sensibilité culturelle est un défi mondial qu’ils affrontent à partir de la confiance mutuelle construite au fil des années ».

L’initiative s’inscrit par ailleurs dans un objectif déjà mobilisateur pour le secteur artistique : la Gallery Climate Coalition vise à réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’au moins 50 % d’ici 2030, tout en avançant vers zéro déchet. L’évaluation de l’apport des prêts prolongés exigera de comptabiliser les déplacements évités, les moyens de transport utilisés et les besoins de conservation des œuvres. Cette mesure permettra de vérifier comment les changements dans la programmation des musées se traduisent par des résultats environnementaux.

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