Se préparer au changement climatique
Le changement climatique entraînera une augmentation substantielle de la fréquence et de l’intensité des événements météorologiques extrêmes. Un type d'événement qui s'ajoute à d'autres événements non météorologiques tels que les pandémies, les tremblements de terre et les éruptions volcaniques. L’inclusion d’un nouveau fonds climatique dans la proposition de réforme du financement régional devrait inciter à intensifier le débat public sur un défi de plus en plus préoccupant partout. Le livre récent, coordonné par Jorge Martínez-Vázquez, Paul Smoke et Sendar Yilmaz, en témoigne et offre une référence très actuelle sur la manière dont les gouvernements sous-centraux devraient se repositionner et sur ce qu'ils font dans le reste du monde.
Il est vrai qu’en Espagne nous disposons d’outils et d’institutions pour faire face à ces situations : de bons centres d’urgence à différentes échelles, des services de protection civile formés et une expérience accumulée. Mais nous avons besoin d’un changement d’approche ; Nous devons adopter une approche globale et anticipative.
Chaque communauté autonome devrait disposer de sa carte complète des risques d'événements extrêmes, préparée en collaboration avec les municipalités et l'administration centrale elle-même, pour pouvoir, à terme, construire une carte des risques cohérente à l'échelle espagnole. À partir de là, on tenterait de définir des actions afin de minimiser les impacts potentiels et de structurer les mécanismes de réponse. A Valence, les danas sont inquiétants ; en Galice, incendies et tempêtes ; en Estrémadure, sécheresses et canicules. Et au sein de chaque communauté il y a des particularités. Les cartes des risques régionaux et locaux seront asymétriques. Il est donc logique de donner une place importante aux gouvernements sous-centraux dans sa définition.
Une fois ce qui précède fait, la question du financement se pose. Il est temps de décider qui doit être responsable de chaque action ou réponse et qui doit fournir les ressources. En acceptant cette logique, un fonds climatique a toute sa justification et son sens, car les capacités et les besoins ne vont pas toujours de pair. Mais il faut que ce soit bien fait. Les ressources doivent servir à l'identification précise et globale de vulnérabilités spécifiques et de menaces réelles, et non comme une autre ressource du système de financement régional, sans conditionnalité et distribuées selon les règles perçues. À ce stade, il convient également de plaider en faveur du renforcement de mécanismes tels que le Fonds de solidarité de l’Union européenne (FSUE).
Enfin, il faut parler de co-gouvernance. Ces dernières années, la situation politique a détérioré le fonctionnement des institutions. La Conférence des présidents, le Conseil de politique fiscale et financière et les conférences sectorielles ont perdu la capacité de débattre de manière constructive et de conclure des accords. La gestion efficace des événements extrêmes en Espagne nécessite exactement le contraire.
